FEMELLES, pénurie d’offre et prix élevés partout en Europe.

Au cours de ce printemps, le maintien de faibles niveaux d’abattages de vaches en France, combiné à des baisses de disponibilités chez nos voisins européens et à la chute des importations sud américaines, pousse à la hausse.
En France, le maintien d’une certaine rareté de l’offre et des prix records sur les autres marchés européens, ont permis une hausse des cours tout au long du mois de mai. Début juin, les prix se stabilisaient à de très bons niveaux.

Pas de hausse d’abattage avec la fin de campagne laitière.
Alors que la fin de la campagne laitière pouvait laisser augurer un nombre important de réformes, les producteurs laitiers ayant cherché à maximiser leur collecte cet hiver, il n’y a pas eu d’afflux de vaches laitières dans les abattoirs au printemps.

Les importations plafonnent.
Après un niveau élevé sur janvier-février, les importations de viande sont revenues en mars à leur niveau de l’année. Elles sont en augmentation sur les trois premiers mois de l’année de 2%, soit 1200 téc.
Plus globalement, la baisse des exportations sud-américaines vers l’ensemble du continent européen, participe à la rareté généralisée de l’offre. De janvier à avril, les exportations brésiliennes de viandes fraîches et congelées ont été réduites de 65% vers l’Europe, et bien que compensées en partie par l’Uruguay, l’ensemble des exportations sud-américaines vers l’UE chute de plus de 25%.

Consommation morose avec des prix stables.
Selon le panel TNS, les achats des ménages en viande bovine sont en baisse de 4% sur le mois d’avril, soit une baisse moindre qu’en début de l’année (-6% en cumul) et plus atténuée que pour l’ensemble des viandes sur la dernière période (-12%). Ce contexte morose depuis le mois de décembre, ne s’explique pas par une hausse des prix au détail.

JEUNES BOVINS, une tendance baissière stoppée?

En mai, les cours ont stoppé leur chute et même amorcé une reprise en France et en Italie. En Allemagne, le sorties s’accélèrent et la demande stagne.
En France, les cours des jeunes bovins avaient amorcé une remontée au mois de mai, tirés par l’amélioration de la conjoncture italienne et par le manque de viande de vache en Europe. Mais cette reprise a été de courte durée puisqu’ils plafonnaient déjà en fin de mois.

Des sorties toujours abondantes.
Les abattages de jeunes bovins ont enregistré une nouvelle progression en avril. Ils ont dépassé de 8% leur haut niveau de 2007.
Les exportations de jeunes bovins finis ont été handicapées en mars par les restrictions d’exportations des bovins d’élevage vers l’Italie. Après des hausses de 10% en janvier et 18% en février, elles ont diminué de moitié en mars.
Les sorties abondantes de jeunes bovins se poursuivront jusqu’à la fin de l’année. Les effectifs enregistrés dans la BDNI permettent de confirmer l’augmentation de 8% en têtes que nous prévoyions pour 2008. Le surplus serait composé d’autant de jeunes bovins laitiers que de jeunes bovins allaitants.

Les exportations fléchissent.
Alors que l’abondance de jeunes .bovins avait dopé les exportations de viandes bovines fraîches et congelées en janvier et février, celles-ci ont reculé de 9 % en mars. C’est le fait de la réduction de la disponibilité globale de viande de gros bovins en France au mois de mars (-5% ou -6600téc), mais aussi de la baisse des commandes de deux de nos principaux clients, l’Allemagne et la Grèce, où la demande s’étiole.

MAIGRES, un peu d’oxygène.

La possibilité d’expédier une partie des animaux vers l’Italie a relancé les cours des animaux vaccinés.
Conséquence du blocage du marché italien pour les animaux non vaccinés, les expéditions de broutards français ont été extrêmement réduites sur le mois de mars.
La situation a vraisemblablement été similaire en avril, mois déjà traditionnellement calme, avec des échanges réduits aux expéditions vers l’Espagne, la Grèce et l’Allemagne.

Une fenêtre d’exportation ouverte mi-mai.
La signature le 7 mai d’un protocole technique franco-italien a permis de raccourcir à 30 jours le délai d’expédition vers l’Italie pour les animaux français vaccinés avant le 30 avril (2 injections) et a donc autorisé une reprise partielle des envois à partir de la mi-mai. Sont essentiellement concernés les mâles plutôt lourds du bassin Charolais, puisqu’ils ont été vaccinés en priorité dès le mois de mars.

Hausse sélective des cours.
Cette fenêtre d’exportation vers l’Italie, bien que ponctuelle et sélective, a apporté une bouffée d’oxygène à la filière. La demande soutenue des engraisseurs italiens assure aux quelques milliers d’animaux éligibles de trouver preneur et n’a pas manqué de doper leurs cours.

Des inquiétudes persistent.
Si la remontée des cours entrevue pour les animaux destinés à l’Italie a redonné confiance aux éleveurs, les perturbations du marché induites par la FCO et la flambée des coûts d’engraissement continuent d’inquiéter la filière. Une certaine lassitude semble s’installer chez les engraisseurs italiens, notamment les petits qui pourraient bien arrêter l’activité si les rapports entre prix du gras, du maigre et des céréales ne s’amélioraient pas.

VEAUX DE BOUCHERIE, marché asphyxié.

La consommation déprimée plombe les cours et retarde les abattages.
Le recul de la consommation de veau sur le premier trimestre se serait confirmé en avril. D’après le panel TNS, les achats des ménages ont été en repli de 11% par rapport à 2007 sur les 16 premières semaines. On peut très vraisemblablement y voir un effet prix, puisque la viande de veau, déjà chère dans un contexte de pouvoir d’achat plutôt dégradé, est celle qui a connu, avec +7%, la plus forte augmentation sur ce début d’année.

VEAUX DE 8 JOURS, cours européens déprimés.

Une offre nationale abondante et des cours écrasés font chuter les importations françaises de petits veaux.
Le marché des petits veaux laitiers souffre des difficultés de commercialisation des veaux de boucherie et des perspectives de consommation peu prometteuses.