FEMELLES, chute des cours.

Les réformes sont d’autant plus nombreuses que le cheptel de vaches laitières s’était étoffé depuis l’an dernier. Résultat, les cours chutent partout en Europe sauf au Royaume-Uni.

De nombreuses vaches à réformer
En France, le cours des femelles chute avec l’arrivée importante de vaches de réforme dans les abattoirs. Ce surplus d’offre fait face à une demande en net repli et en cascade les prix chutent. En août les abattages de vaches ont portés sur 138 000 têtes soit 5000 têtes de plus qu’en 2007.

Consommation et importations décrochent
La consommation de viande bovine pour le premier semestre est la plus mauvaise enregistrée depuis le creux de 2001 avec un recul de près de 3% par rapport à 2007.
En ce qui concerne les importations, le recul de la consommation ainsi que le retour des vaches en abattoir ont provoqué une inversion dans les importations. En hausse au premier semestre par rapport aux années précédentes, les importations de viandes bovines fraîches et congelées ont enregistré un recul de 5 % en juillet.
La situation est similaire en Allemagne, tandis que la pénurie tient les prix au Royaume-Uni et en Irlande.

JEUNES BOVINS, pause dans les abattages?

Comme dans les principaux pays européens, les prix des jeunes bovins se maintiennent en France à des niveaux élevés, même s’ils sont loin de compenser les hausses de coûts de production. La bonne tenue des cours s’explique toujours par le manque de disponibilités en Italie mais aussi par une baisse des abattages cet été.

Baisse temporaire des abattages
Alors que la BDNI indique toujours un nombre record de jeunes bovins dans les exploitations pour cet été, les abattages étaient en baisse cet été. En août 87600 JB ont été abattus soit 9% de moins qu’en 2007. Cette variation peut être expliqué d’un point de vu statistique avec une obligation des abattoirs de mieux contrôler et mentionner l’âge des jeunes bovins abattus entre 8 et 12 mois pour distinguer les veaux (<à 8 mois). Cependant ces modifications de catégories n’expliquent pas tout. L’exportation plus importante de tourillons maigres vers l’Italie est également à prendre en considération.
Toutefois pour la fin de l’année, une fois ces animaux lourds exportés et les ateliers italiens remplis, un stock important de JB est encore présent sur les exploitations. Un retour des JB dans les abattoirs est alors possible. L’abondance de vaches et le retour des JB pourraient avoir un impact négatif sur les prix.

Exportations de viande en hausse, principalement vers l’Italie
Les exportations se sont accélérées en juillet en lien avec les volumes de viande disponibles avec le retour des vaches laitières. L’Italie en est la preuve avec des volumes de viande fraîche exportée chez eux ayant augmentés de 17% sur le mois de juillet.
En revanche, les exportations d’animaux finis sont restées stationnaires. Le débouché italien, principale destination des jeunes bovins gras semble marquer le pas au mois de juillet avec -10% des animaux exportés.
Les abattages des jeunes bovins ont été inférieurs de 6% sur les six premiers mois de l’année. Une légère reprise des abattages est constatée en Italie avec une hausse de 1% en juin

MAIGRES, sous la menace du sérotype 1.

Les échanges franco-italiens ont repris cet été mais l’équilibre est fragile. Les cours sont orientés à la baisse et la progression du sérotytpe 1 de la FCO fait craindre de nouvelles perturbations majeures.

Début septembre, le marché a été perturbé par l’annonce de la progression rapide du sérotype 1 et donc des modifications de zones réglementées. Les éleveurs craignant de se retrouver obliger de vacciner et de différer les sorties d’animaux, ont anticiper les envois vers l’Italie. Les envois massifs vers l’Italie ont conduits à une baisse des prix. La cotation du Charolais U de 400kg a perdu 16 centimes (2,29€/kg). L’évolution a été similaire pour le Limousin en moins accentué.
Les évolutions sanitaires détermineront le bon déroulement de la campagne 2008-2009. Des à-coups dans les mises en marché selon les restrictions sanitaires liées au sérotype 1 risquent de fortement déstabiliser les cours et de compromettre le rattrapage des retards d’expédition accumulés sur l’année.

VEAUX DE BOUCHERIE, activité freinée par une demande en berne.

Malgré des cours de petits veaux au plus bas et un prix de l’aliment bien redescendu, la filière veau de boucherie européenne est loin d’être dynamique car la demande n’est pas au rendez-vous.
La reprise des cours des veaux de boucherie amorcée en août s’est plus ou moins poursuivie en septembre, pour ralentir sur les dernières semaines. Chez les voisins européens les cotations ont stagné.
Cette lourdeur du marché européen découle d’une consommation à la traîne. En France, les achats des ménages sont en baisse de 6% par rapport à 2007. L’offres est également peu abondante. Pour la France, sur 8 mois la production est stationnaire en volume avec un recul de 2 % en têtes avec un alourdissement des carcasses témoignant des difficultés d’écoulement...

VEAUX DE 8 JOURS, des cours historiquement bas.

Depuis début juillet les cours des petits veaux laitiers ne cessent de chuter. Cette baisse est saisonnière toutefois les prix atteints sont cette année historiques. La cotation française de veau holstein de 45-50kg est tombée à 66€ soit –41% par rapport à 2006 et –55% par rapport à 2006.
Au delà de la baisse structurelle, deux phénomènes conjoncturels expliquent cette chute de prix: l'offre plus abondante avec un cheptel laitier en augmentation par rapport à 2007, et la crise de la consommation subit par les veaux de boucherie depuis le début de l’année.
Les cours des petits veaux sont également au plus bas chez les voisins européens. La crise de la filière veau de boucherie sur fond de crise FCO conduit également au ralentissement des échanges intra-communautaires de petits veaux.
En France, comme en Europe, la non reprise de la production de veau de boucherie laisse envisager une hausse de la production de jeunes bovins laitiers en 2010.

LE CHIFFRE DU MOIS…

- 4%, c’est la baisse des achats des ménages de viande de boucherie en France sur les 8 premiers mois de 2008 (selon le panel TNS). Sur la dernière période, du 10 août au 7 septembre, la chute des achats des ménages a été accentuée en viande de bœuf atteignant -12%.