Le point sur le marché pour 2006

La situation de marché est caractérisée par une demande de la consommation soutenue, mais limitée par une production qui demeure en baisse. Disponibilité réduite aussi par les importations européennes qui sont en baisse en provenance du Mercosur : fièvre aphteuse au Brésil, et suspension de six mois sur les exportations décidée par le gouvernement argentin pour réguler son marché,….
La tendance à la recapitalisation du cheptel allaitant en France est confirmée par le résultat de l’enquête de novembre dernier : VA + 0,6% et génisses allaitantes + 2%.
La situation de marché devrait rester stable sur 2006. Dans ce contexte, la Commission a décidé le 8 mars d’une nouvelle baisse de restitutions de 10%.


Nouveau Contrat de Projet Etat-Région

Le 6 mars, le gouvernement a décidé d’un schéma 2007-2013 d’utilisation des crédits du second pilier sur une base nationale, privilégiant notamment l’installation et les ICHN, et d’autres mesures (pour au moins 50% des crédits), dans le cadre d’une gestion déconcentrée en région, sous l’autorité des préfets.
Le gouvernement a également officialisé le lancement de nouveaux « contrats de projet Etat-Région » sur cette même période 2007-2013 pour faire suite aux contrats de plan actuels. Afin de formaliser ces mesures pour la fin d’année, des diagnostics régionaux doivent être établis pour fin avril et des orientations nationales pour l’été.

• Conseil Spécialisé Bovin, Office de l’élevage, le 14 mars
Le directeur de l’Office a fait part de la baisse de la dotation pour les contrats de plan sur l’année 2006 de -39%. Cette baisse est liée aux gels budgétaires imposés par les pouvoirs publics : -7% sur le budget global de l’Office, soit -10 millions d’euros. Pour les futurs plans 2007-2013, les pouvoirs publics travaillent sur une hypothèse à -50% de crédits par rapport au précédent plan. Dans ce contexte budgétaire très contraint, l’Office travaille également à la finalisation de l’enveloppe 2006 « projet de filière ». Cette enveloppe devrait inclure une part importante destinée au « volet engraissement », dans le cadre des discussions en cours FNCBV-FNB-Administration (sécurisation des marges pour les nouveaux investisseurs sous réserve d’un engagement contractuel des abatteurs notamment).


Commission Normalisation des Transactions, Interbev le 8 mars

La prise en charge des frais d’équarrissage des bovins euthanasiés à l’abattoir était au cœur du débat. Les éleveurs, considérant qu’en l’espèce il ne s’agissait pas de saisies motivées par un vice caché acheteur comme vendeur, en qualité de professionnel ayant pu s’en convaincre, l’obligation de garantie du vendeur ne pouvait être actionnée. Considérant toutefois que les animaux concernés, souvent en grande misère physiologique, ne devaient pas être expédiés à l’abattoir. Les éleveurs proposent alors que la délivrance de l’animal soit réputée satisfaite après l’inspection ante mortem. Autrement dit, le détenteur de l’animal aura obligation de payer les coûts d’équarrissage. Le principe d’un forfait a été retenu, mais son montant n’est pas défini.


Levée de l’embargo sur la viande britannique

Un Comité d’experts européens (Comité permanent de la chaîne alimentaire et de santé des animaux) réuni le 8 mars à Bruxelles a donné un avis favorable, à l’unanimité, à la levée de l’embargo sur les exportations britanniques de bovins sur pied, de viande de bœuf et dérivés. Cet embargo avait pris effet depuis 10 ans, en mars 1996.
Cette levée de l’embargo est logique. En effet, les mesures prises en France et en Europe ont permis de maîtriser l’ESB grâce à une évolution de la réglementation. Les éleveurs, qui avaient souhaité une garantie des dispositions et des contrôles appliqués au Royaume-Uni, sont rassurés par l’avis des experts européens et de la Commission. Les consommateurs disposent par ailleurs, grâce à la traçabilité des produits, d’un étiquetage obligatoire du pays d’origine, à la distribution et en restauration.
Toutefois, pour la profession, la vraie question repose aujourd’hui sur la traçabilité et la sécurité sanitaire des importations de viandes bovines extra européennes (importations des pays du Mercosur…).


Plan de modernisation des bâtiments d’élevage

• Enveloppe nationales 2005 et 2006
> Crédits nationaux et contre partie UE
En 2005, les financements nationaux et leur contrepartie communautaire ont atteint 101 397 632 €, répartis en trois enveloppes : la première du 10/03/2005 de 39 996 000 €, une seconde du 03/07/2005 de 40 004 000 € et une dernière du 06/10/2005 de 21 397 632 €.
Pour 2006, la première enveloppe versée le 3 février dernier a atteint 70 millions d’euros sur les 96 millions prévus (84 %). Le solde sera versé en juin ou juillet prochain.

> Crédits des collectivités territoriales pour l’enveloppe nationale

• Situation en Poitou-Charentes
- Enveloppe Etat et Collectivités territoriales en 2005

> Enveloppes nationales et régionales pour 2006


Paiements des aides

• Primes bovines
Concernant les paiements des primes bovines 2005 (soldes), le Ministère a donné une première estimation de stabilisateur PSBM entre 20 et 25%, et indiqué qu’il était encore trop tôt pour évaluer les stabilisateurs PAB gros bovins, PAB veau et PMTVA. Les avances pour les primes couplées 2006 devraient elles être mises en paiement comme l’an passé à partir du 16 octobre.

• Plan bâtiment
Un point statistique complet a été enfin présenté par l’Office sur le plan bâtiment d’élevage. Les premiers paiements des dossiers 2005 devaient être réalisés à partir de fin mars.


Propreté des bovins, plaquette de sensibilisation, Interbev, le 15 mars

La plaquette de sensibilisation concernant la propreté des bovins devrait être disponible dès les premiers jours du mois d’avril. Elle doit permettre aux éleveurs d’apprécier par eux-mêmes l’état de propreté des bovins, et leur rappeler que si l’hygiène alimentaire est l’affaire de tous, elle commence à l’élevage par la maîtrise de la propreté. Les Comités Régionaux d’Interbev (CRI) procèderont au dispatching des 200 000 exemplaires de cette plaquette, ainsi qu’aux 10 000 affiches présentant la grille de notation de la propreté. Un document de recommandations pour maîtriser l’état de propreté des bovins devrait être disponible vers la fin mai. Le protocole de tests a été validé et les tests en abattoirs devraient débuter fin mars.


OMC

• Rencontre sur les négociations de l’OMC, le 28 mars
Une rencontre a eu lieu à Genève le 28 mars entre le cabinet de M. Lamy et ses services, les délégations brésiliennes et australiennes, le représentant pour l’agriculture de la Commission européenne. L’objectif de cette rencontre était de rappeler les enjeux stratégiques liés au maintien de l’équilibre du marché dans notre secteur, et d’évaluer l’état de la négociation.
Les membres de l’OMC souhaitent de nouvelles concessions de tous les partenaires, y compris l’Europe sur l’accès au marché afin d’arriver à un accord d’ici fin avril.
Pour la France cette position est inacceptable au vue des concessions déjà effectuées. Le Brésil quant à lui campe sur ses positions niant l’impact des concessions proposées par l’Europe dans l’offre du 28 octobre.


Conditionnalité 2007 et bien-être animal, le 31 mars

Pour préparer au mieux les travaux relatifs à l’introduction du troisième volet de la conditionnalité, consacré au bien-être animal, un bilan des situations sur les obligations réglementaires a été effectué filière par filière. Si les règlements spécifiques contiennent des normes, par définition mesurables et objectives, ce n’est pas le cas pour les productions (dont les gros bovins) qui relèvent de la directive horizontale, rédigée avec des termes généraux.
Ainsi, une attention particulière devra être portée aux producteurs disposant d’unités de production de faible volume, notamment en veaux, et qui ne sont pas forcément aux normes. Concernant les gros bovins peu de points négatifs ont été relevés. Il faudra toutefois veiller aux modalités de l’écornage et à la nécessité de procéder au parage pour les animaux élevés exclusivement sur aire paillée.