| La filière
bovine européenne se mobilise face à l’OMC |
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Le mercredi 17
mai 2006, les représentants de la filière bovine européenne
ont organisé un débat au siège du Parlement européen
à Strasbourg sur l’avenir de la filière face aux menaces
particulières que font peser les négociations de l’OMC
(cycle de Doha) sur ce secteur.
Menée à l’initiative d’Interbev, en collaboration
avec ses partenaires d’autres grands pays producteurs en Europe,
(Royaume Uni, Italie, Espagne, Irlande, Hollande… ) cette opération
visait à sensibiliser les parlementaires, notamment ceux de la
Commission agricole, aux risques d’une libéralisation non
contrôlée du marché de la viande bovine.
Les importations de viande bovine ont cru de près de 40% depuis
1999 et représentent aujourd’hui plus de 7% de la consommation
de l’Union. Selon les propres estimations de la Commission, la proposition
Mandelson d’octobre 2005 entraînerait une élévation
des importations qui pourraient plus que doubler pour atteindre 1,3 millions
de tonnes, soit plus de 15% de la consommation.
Compte tenu de ces prévisions, divers orateurs ont axé leurs
interventions sur les éléments suivants:
• La filière bovine ne peut fonctionner correctement que
dans un environnement stable compte tenu de la longueur des cycles de
production et de la faible rentabilité des investissements industriels
(Peter Hardwick MLC, Royaume-Uni).
• L’UE doit se doter d’une stratégie de communication,
intra- et extra-UE afin, d’une part de restaurer l’image de
la production agricole en général et bovine en particulier
dans une société de plus en plus éloignée
du monde rural et soumise au lobby incessant d’organismes autoproclamés
“protecteurs des animaux”, d’autre part de mieux se
défendre dans les forums internationaux (Fabiano Barbisan, Zootecnica
Italia, Italie)
• L’UE a-t-elle une stratégie alimentaire? Les nouvelles
concessions offertes dans le cadre des négociations de l’OMC,
et plus encore celles demandées par le G20 et les Etats-Unis, s’accompagnent
de risques importants de ruptures d’approvisionnement entraînant
des perturbations graves de tous les marchés alimentaires —
cf. l’exemple du Japon lors de la fermeture aux viandes bovines
nord-américaines. (Patrick Moore, Bord Bia, Irlande)
• L’augmentation prévue des importations — et
la baisse des prix locaux qui s’ensuivra — entraînera
une perte de plus de 300.000 emplois directs dans la filière bovine,
qui plus est dans des zones rurales sensibles. (Laurent Spanghero, UECBV,
Europe)
• L’UE s’est dotée de normes de production très
élevées en matière de sûreté alimentaire,
de traçabilité et de respect des animaux et de l’environnement,
et se prépare à en promouvoir d’autres. Toutes ces
normes ont un coût qui contribue à limiter la compétitivité
des producteurs européens. Pourtant, nous devons admettre sur notre
territoire des produits venant de pays tiers qui ne respectent pas ces
normes... (Javier Lopez, Asoprovac, Espagne)
Le débat était présidé par Denis Sibille,
Président d’Interbev, et Pierre Chevalier, Président
du groupe viande du COPA-COGECA, a conclu les travaux.
Les parlementaires, réunis à l’invitation de Joseph
Daul, Président de la Commission agricole, ont salué les
efforts de regroupement autour d’intérêts communs de
représentants des filières bovines de plusieurs pays européens
car c’était la première fois qu’une telle opération
était menée de façon concertée plutôt
que par les filières nationales.
Pour la filière, la principale conclusion de cette rencontre tenait
à l’absolue nécessité de multiplier ces efforts
de communication compte tenu du manque d’information dont l’ensemble
des décideurs politiques font preuve sur certains aspects pratiques
conditionnant l’avenir de la production européenne de viande
bovine.
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