Le point sur les marchés (situation en juillet)

• Consommation :
Selon le panel Secodip, sur les cinq premières périodes 2006 (soit jusqu’au 21 mai), la consommation est en recul sur la plupart des viandes de bœuf : bœuf à griller -5%, steak haché surgelé -2%, steak haché frais 52%. Seules les viandes à braiser progressent de 3%.

• Femelles
En France, les prix sont toujours bons du fait de la rareté des femelles. Sur les 5 premiers mois de l’année, les abattages de femelles ont reculées de 2 % par rapport aux données de 2005 et de 11 % sur 2004.
Le prix de la vache R s’est effrité de 0,05 € mais reste très élevé à 3,42 €/kg de carcasse. Le prix se situe à 5 % de sa valeur de 2005 et 17 % des prix de 2004 à la même période. La consommation quant à elle ralentie. Cette baisse peut s’expliquer par une hausse des prix au détail de 4% en un an, et également par l’atténuation de la grippe aviaire.

• Jeunes bovins
Le fléchissement des prix se fait sentir. Le prix du jeune bovin U a perdu 0,04 en 2 semaines, passant à 3,51 €/kg de carcasse fin juin. Malgré cette baisse il dépasse de 10 % son niveau de 2005 et de 20 % celui de 2004. Le JB O après une petit baisse est à 2,76 €/kg de carcasse. Il demeure 3 % au dessus des prix de 2005 et 14 % pour 2004. Cette diminution est principalement due à un essoufflement de la demande de l’Europe du Sud.
Au total la production de JB sur les 5 premiers mois de l’année est estimée en baisse de 5 %, soit 22 000 têtes.
En ce qui concerne les exportations, les destinations de la Grèce et l’Italie représentent 70 % des débouchés de viandes fraîches. Les exportations marquent une légère augmentation vers l’Allemagne (+ 2%).

• Maigres
Avec une légère stagnation depuis la fin de l’hiver, ces derniers mois les prix ont tendance à se rapprocher des bons niveaux de 2005. Avec des prix encore excellents (3 €/kg vif pour Limousin de -12 mois, 2,7 et 2,4 €/ kg vif pour respectivement les Charolais 6-12 et 12-24 mois) l’activité de début d’été est plus faible avec peu d’offre et de demande.
Même si les hautes températures du début d’été calment les prix des broutards et cassent la forte tendance à la hausse depuis 18 mois, elle ne laisse pas pressentir une baisse du marché. La rareté de l’offre (structurelle et conjoncturelle) avec une reprise de l’activité en fin d’été devrait faire évoluer les prix à la hausse.


Accord interprofessionnel sur la présentation des carcasses de veaux

 

Suite à l'accord interprofessionnel du 3 février 2006, l'arrêté modifiant la présentation des carcasses de veaux est paru le 23 juin dernier.
Il porte principalement sur :
- le parage des gouttières jugulaires et de la plaie de saignée,
- les graisses internes et externes pouvant être retirées,
- la fente de la carcasse.
Compte tenu de cette nouvelle présentation, les professionnels ont convenu que les retraits notifié dans l'arrêté (points 6, 7 et 8 de l'accord interprofessionnel) correspondent à un total moyen de 1,200 kg par rapport à la présentation en vigueur avant la modification de l’arrêté du 26 décembre 2000.
Les acteurs de la filière ont donc prévu la mise en place d'une compensation financière aux propriétaires de veaux payés au Kg de carcasse à hauteur de 1% sur le prix négocié.
Cette majoration doit apparaître clairement sur une ligne spécifique lors de la facturation aux propriétaires des veaux et est valable jusqu'au 23 décembre 2006.


Le point sur le cadmium

Au vu des mesures prises par la DSV pour informer certains éleveurs contaminés sur les retenues des foies et des reins, la profession à travers la FNB, est en négociation avec les professions des producteurs d’aliments et des abatteurs. Suite aux négociations, un fond de financement va être créé grâce aux assurances des producteurs d’aliments. Ce fonds servira à rembourser les charges engagées par la saisie des foies et des reins. Deux possibilités se dégagent : soit l’éleveur est saisi à l’abattoir et donc il sera indemnisé, soit l’abatteur porte à sa charge la saisi des deux organes et dans ce cas les abatteurs seront indemnisés. La profession préfère la première option qui sera plus facile à gérer vu le nombre inférieur d’abatteur que la gestion directe avec un nombre élevé d’agriculteurs.
La DGAL a demandé que l’ensemble des DSV organise des réunions d’information auprès des éleveurs. Des contacts sont encours dans les 4 départements de la région Poitou-Charentes pour faire le point sur le sujet avec les DSV.


Réforme du Service Public d’Equarrissage

La seconde phase de la réforme de l’Equarrissage est entrée en vigueur le 15 juillet 2006.
A l’issue de l’appel d’offres négocié, le coût global du SPE atteint 154 millions d’euros contre 136 millions d’euros estimés en fin d’année 2005. Le SPE agricole atteint 148,5 millions d’euros.
Pour 2007, l’Etat augmentera sa contribution de 16 millions d’euros, la portant ainsi de 44 millions d’euros à 60 millions d’euros. Il s’agira alors d’un redéploiement du budget du Ministère au travers de l’Office de l’Elevage.
Le produit de la taxe d’abattage sera porté de 72 à 90 millions d’euros soit une augmentation de 25%.
Au 15 juillet 2006 :
- la gestion technique, économique et financière du SPE sera transférée à l’Office de l’Elevage,
- le dispositif de suivi du tonnage enlevé sera opérationnel grâce à un nouveau bordereau d’enlèvement renseigné sur la base d’éléments fournis par l’éleveur,
- l’application des nouveaux taux de la taxe d’abattage entreront en vigueur.
Toutefois, comme l’indique le tableau ci-dessous, c’est la filière bovine qui supportera intégralement l’alourdissement de la facture équarrissage.

La contribution de la filière bovine en financement du SPE sera fortement augmentée (+25%). Cette augmentation intègre un doublement de la taxe sur les bovins de moins de 24 mois (6,50 € à 13 €) et une augmentation de plus de 23% sur les bovins de plus de 24 mois (47 € à 58 €). A l’avenir, ces taux pourraient éventuellement être modifiés par la loi de finances 2008.


Guide des bonnes pratiques d’hygiène, comité de pilotage professionnel le 12 juillet

Le Comité de Pilotage professionnel a validé les travaux des experts concernant l'identification des dangers en élevage. Ces derniers devront dans un second temps donner lieu à la définition de moyens de maîtrise.
La démarche d'élaboration d'un guide de bonnes pratiques d'hygiène a été souhaitée par les professionnels dans la mesure où elle évite à chaque éleveur, sur son exploitation, de procéder à une telle analyse. Cette première partie des travaux va être adressée à la DGAL pour observation éventuelle. Les experts vont désormais s'attacher à définir, pour chaque risque identifié, des moyens de maîtrise à disposition de l'éleveur. Il s'agira, dans bien des cas de rappeler les bonnes pratiques du métier. La troisième phase consistera à introduire dans la charte des bonnes pratiques d'élevage les items nécessaires à la maîtrise des risques (pour l'homme et l'animal).


Fièvre catarrhale ovine

• Mise en place d’un plan de surveillance au 21/08
Trois Etats membres ont confirmé des foyers de fièvre catarrhale ovine :
- Pays-Bas : 12 exploitations (9 élevages ovins, 2 élevages bovins, 1 élevage mixte) ;
- Belgique : 11 exploitations (4 élevages ovins et 7 élevages bovins) ;
- Allemagne : 9 exploitations (1 élevage ovin, 8 élevages bovins).
Des zones de restriction s'appliquent à près de la moitié du territoire néerlandais, au 2/3 du territoire belge, à l'ensemble du territoire du Luxembourg et en Allemagne essentiellement au Land de Nordhein Westphalia.
Aucun cas n’a été recensé en France. Toutefois, la DGAL a annoncé la mise en place d’un plan de surveillance renforcé en France consistant en :
- une information des éleveurs de ruminants, des vétérinaires et des professionnels, en particulier des négociants en bestiaux susceptibles de travailler sur ces destinations,
- une sensibilisation des éleveurs et des vétérinaires afin de renforcer la surveillance passive et leur rappeler l'importance de notifier immédiatement tout signe clinique de suspicion,
- une enquête sérologique dans les départements frontaliers limitrophes des zones réglementées ainsi que dans les départements ayant reçu des ruminants en provenance des zones infestées.

• Restrictions des mouvements d’animaux au 30/08/06
Compte tenu de l’extension des foyers de fièvre catarrhale ovine en Belgique, une partie du territoire français est désormais en zone réglementée dite « de surveillance », dans le rayon de 150 km autour des foyers. Il s’agit de certains arrondissements de 7 départements : l’Aisne, les Ardennes, la Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle et le Nord.
Les mesures appliquées dans ces zones sont les suivantes :
- les mouvements de sortie de la zone des bovins (et autres espèces sensibles), de leurs semences, ovules et embryons produits sont interdits.
- dérogation, sous conditions, pour la sortie des animaux à destination directe de certains abattoirs situés en dehors de cette zone de surveillance, selon des modalités définies par la DGAL (en attente).
- les mouvements de circulation au sein de la zone, et les mouvements d’entrée des bovins sont autorisés
Des résultats d’analyse pratiqués sur des cheptels de la zone frontalière sont attendus à ce jour.
Il convient de rappeler enfin, ainsi que le souligne le communiquer du Ministère de l’Agriculture du 28 août, que cette maladie n’affecte pas l’homme, et ne présente aucun risque pour la consommation.