Jeunes bovins: chute des cours

Les demandes française et italienne sont insuffisantes pour absorber la hausse subite de production en France. Résultat, les cours décrochent.

Depuis le début de l’année, les cours des jeunes bovins français sont à la baisse. Ils ont perdu 10 à 12 centimes selon les conformations. Ils sont ainsi passés sous leurs niveaux euphoriques de 2006 pour s’approcher des niveaux déjà bons de 2005.
Les causes de cette chute des cours sont à trouver non seulement dans le retour à la normale du marché de la viande bovine après une année 2006 marquée par la crise de la grippe aviaire, mais aussi dans la hausse de la production de jeunes bovins début 2007.

Les exportations changent de cap
Les exportations de viande bovine sont globalement en baisse sur la fin de l’année 2006 (-4% en novembre/décembre par rapport à l’année précédente). La chute est très marquée vers l’Italie (-15% à 11900téc) et la Grèce (-10% à 12900téc), dont les achats avaient explosé fin 2005. C’est en fait le résultat du retour à la normale de la demande dans ces pays. A l’inverse, la demande soutenue en Allemagne tire les ventes vers ce pays.

 

Femelles: début d'année maussade

La demande ne bénéficie plus des retombées de la crise aviaire et elle est à nouveau atone après une brève rémission en fin d’année.
 
En janvier, à 192000 têtes, les abattages de femelles ont égalé le niveau bas qu’ils avaient enregistré début 2006 juste après le découplage. Un niveau inférieur de 8% à celui de début 2005. C’est que les cheptels laitiers demeurent très ajustés et sont loin de présenter des risques de dépassement de quotas. Et dans les cheptels allaitants, une petite recapitalisation continue d’être en œuvre.

Recul de la consommation
Face à cela, contrariés par la douceur climatique, les achats des ménages en viande bovine fraîche, qui ne bénéficient plus des retombées favorables de la crise aviaire, ont reculé selon TNS de 4% en janvier par rapport à début 2006 (et de 3% par rapport à janvier 2005). Le consommateur a du mal à suivre la hausse des prix de 3% d’une année sur l’autre. Il fait une exception pour les steaks hachés frais, qui malgré la progression de prix de 3%, ont vu leurs achats progresser de 2% en janvier.

 

Maigres: dur retour à la normale

Les engraisseurs italiens ont renforcé leur pression sur les prix
Les données des douanes françaises concernant la fin de l’année 2006 le confirment : le marché des broutards n’est plus à la tête. En hausse par rapport à 2005 jusqu’au mois d’août, les exportations françaises ont commencé à stagner à partir du mois de septembre, pour se réduire très fortement en fin d’année. En décembre, elles enregistrent une chute de 29%, soit 30000 têtes par rapport à 2005.
L’essentiel de cette baisse est imputable au manque d’intérêt des engraisseurs italiens et à la rétention par les éleveurs face à la baisse des prix : les envois vers l’Italie ont baissé de 28000 têtes, soit 33% par rapport à décembre 2005.

Des engraisseurs prêts à laisser ces cases vides
Le désintérêt des engraisseurs italiens, échaudés par la baisse des cours du jeune bovin gras à l’automne, se confirme sur les premières semaines de 2007. Les engraisseurs sont désormais prêts à laisser des cases vides si les prix d’achat des broutards ne leur conviennent pas.

Veaux de boucherie: vers une stabilisation

Les intégrateurs semblent rattraper leur retard d’abattage.
Le nombre de veaux abattus s’est réduit de 2% par rapport à janvier 2006, et de 6% en décembre 2006 par rapport à décembre 2005. En janvier, la baisse de consommation s’est poursuivie, mais à un rythme ralenti.

Ce contexte un peu moins défavorable a permis au cours de se stabiliser. Le veau rosé clair R élevé en atelier avoisine les 5,86 euros par kilo de carcasse depuis la mi-janvier. Ce chiffre est en retrait de 8 % par rapport aux prix euphoriques de février 2006.

 

Veaux de 8 jours: ressaisissement du veau laitier

La pression à la baisse se relâche légèrement sur les cours du veau laitier.
Les cours du veau laitier ont subi la pression des intégrateurs. Le veau Holstein de 45 à 50 kilos est passé de 167 euros début janvier à 151 euros début février. Soucieux de limiter l’envolée de leurs coûts de production, les intégrateurs utilisent le petit veau comme variable d’ajustement. Difficile pour eux d’agir sur les prix des aliments d’allaitement qui ne cessent de grimper mais qui dépendent avant tout du marché mondial.