La consommation toujours en berne

Le mois de mars a été très médiocre pour la consommation de l’ensemble des viandes de boucherie. Pour la viande bovine fraîche, les achats des ménages ont plongé 8% au-dessous de leur niveau d’il y a un an. Pour la viande porcine, la chute a été encore plus abrupte, atteignant 11%. La volaille a aussi perdu 4%.
Sur le premier trimestre, la chute a atteint 6% pour la viande bovine fraîche. Ce mauvais résultat perdure depuis l’automne. Désormais, le consommateur a oublié la crise aviaire, mais ses achats de volaille n’ont repris que 3 % sur le premier trimestre 2007 par rapport à début 2006. En fait, il rechigne surtout devant l’augmentation des prix au détail de la viande bovine de 4 % en un an.
Seuls les achats de steaks hachés sont en progression, de 3% au premier trimestre par rapport à début 2006, malgré leur hausse de prix de 3%.).

 

Jeunes bovins

La production en hausse et le marché italien déprimé entraînent les prix à la baisse. La production supplémentaire a du mal à s’écouler et les animaux s’alourdissent.
 
Les cours des jeunes bovins français ont poursuivi leur chute au mois d’avril sous la pression d’une offre supérieure à celle des années précédentes.
C’est la conséquence de la baisse des exportations de broutards au deuxième semestre 2006, la production de jeunes bovins finis au 1er trimestre dépasse de 10% celle d’il y a un an. En outre, l’arrêt des exportations d’animaux vifs vers le Liban, de même que l’arrêt de celles vers l’Italie en provenance de la zone réglementée augmentent d’autant les abattages de jeunes bovins en France.
Les exportations s’essoufflent
En hausse de 13% au mois de janvier, les exportations françaises de viandes bovines ne dépassaient au mois de février que de 3% leur niveau de 2006. Si les ventes de viandes fraîches vers l’Allemagne se maintenaient en hausse (+ 22% à 3000 tec) grâce à un marché encore dynamique Outre-Rhin en début d’année, les ventes vers l’Italie se sont stabilisées à 5 400 tec et celles vers la Grèce ont chuté de 18% à 5000 tec.
Le marché italien est difficile
En Italie, la demande atone et la concurrence des viandes importées rend le marché particulièrement difficile. La consommation de viande bovine a rendu sa place à celle de volaille après l’épisode de la grippe aviaire, et semble même être tombée plus bas qu’en 2005.
Pour couronner le tout, les viandes importées prennent de plus en plus de place dans les rayons et tirent les prix à la baisse. Les importations de viandes polonaises au cours des 2 premiers mois de l’année représentent le triple des volumes importés sur la même période en 2005. Quant aux ventes du Brésil, elles affichent pour le mois de mars des hausses de 36% et 41% par rapport aux deux années précédentes.
C’est donc sans surprise que les cours des jeunes bovins italiens poursuivent leur baisse..

 

Femelles

Grâce à leurs faibles disponibilités, les prix des femelles résistent à la forte chute des jeunes bovins et au recul de la consommation.
L’anticyclone est bel et bien terminé sur le marché de la viande bovine. Certes, les prix des vaches résistent à la forte chute des prix des jeunes bovins et se sont stabilisés depuis deux mois après la baisse de janvier et février. Mais ils sont loin de leur hausse saisonnière habituelle.
Pourtant, les disponibilités en femelles sont toujours faibles. En mars, à 192000 têtes, les abattages de femelles ont été inférieurs de % à ceux de l’an passé.
Des importations toujours en hausse
Sur les deux premiers mois de l’année, les importations de viandes bovines fraîches ont progressé de 5% par rapport à 2006. Elles se situent maintenant 12% au-dessus de celles d’avant crise en 1999. Cette progression résulte principalement de la poussée de l’Allemagne, notre principal fournisseur, +14% par rapport à début 2006 et +33% par rapport à 1999. Sa part de marché s’élève désormais à 26%..

Maigres: des prix sous pression

Les prix sont tirés vers le bas par les cours des jeunes bovins, les engraisseurs italiens sont prudents et intransigeants sur les prix.
Le marché des animaux d’élevage est perturbé. Les exportations françaises de broutards légers vers l’Italie, 36000 têtes en janvier-février, sont en baisse de 8% par rapport à l’an passé (3000 têtes de moins).

 

Veaux de boucherie: une consommation toujours ralentie

La consommation reste faible, les intégrateurs peinent à rattraper leur retard à l’abattage.
D’après le panel Secodip, la consommation de veau en mars restait 5% au-dessous de 2006. Les prix au détail élevés n’encouragent pas la reprise de la consommation : ils atteignent en moyenne 13,80€ par kilo en mars, 2% de plus qu’en 2006.

 

Veaux de 8 jours: toujours plus d'importations

Défavorisé par le manque de rentabilité du veau de boucherie, le cours du petit veau maigre stagnee.
Le cours du veau français Holstein de 45 à 50 kilos ne connaît toujours pas de hausse saisonnière: à 169 euros par tête fin avril, l’écart se creuse avec 2006 (-37%).