JEUNES BOVINS, le trop plein est enfin écoulé.

Les cours des jeunes bovins ont repris des niveaux « normaux » grâce à la baisse de l’offre italienne, à la fermeté de la demande allemande et à la rareté des vaches partout en Europe.

Après la plongée observée au premier semestre, les cours des jeunes bovins se sont nettement redressés pendant l’été, tirés à la hausse par la rareté de l’offre en viande de vache, la fermeté de la demande allemande et la baisse des sorties en Italie.
Les abattages de jeunes bovins en juin et juillet ont continué d’être abondants en France, dans la tendance amorcée en début d’année.
En tenant compte des animaux exportés en vif, la production de jeunes bovins finis s’est élevée à 106 000 têtes en juin et 105 000 têtes en juillet, soit une augmentation par rapport à 2006 de 32 000 têtes sur les deux mois.

En Italie
La pression des viandes importées s’est quelque peu relâchée. Les achats au Brésil, en hausse de 38 % sur les 5 premiers mois de l’année, ont inversé la tendance en juin et juillet (- 7 % sur l’ensemble des deux mois). Les achats à la Pologne sont eux aussi en recul depuis le mois de mai et enregistrent sur le premier semestre une baisse de 5 % à 20 000 téc.
Avec le retour de la volaille, la demande italienne pour la viande bovine est cependant atone.

En Allemagne
La bonne santé économique de l’Allemagne lui procure un appétit certain pour la viande bovine. La consommation est très dynamique, comme en témoigne le panel d’achats des ménages de GFK (+ 4 % en cumul sur 7 mois).
Dans ce contexte, les importations vont bon train et en particulier en provenance de Pologne (17 900 téc au premier semestre, soit 79 % de plus que l’an dernier).

FEMELLES, les prix reprennent des couleurs.

Les prix des femelles ont pu remonter à des niveaux proches de 2006 suite au désengorgement du marché des jeunes bovins et à la faible disponibilité des vaches. Ce redressement est général en Europe.

En France, la fin de l’afflux massif de jeunes bovins, dans un contexte accentué de raréfaction des réformes de vaches, a permis une remontée du prix des femelles.

Des vaches laitières de plus en plus rares
Les abattages de femelles en juin et juillet s’inscrivent dans la tendance à la baisse observée depuis le début de l’année, soit un recul de 3%.
Pour les mois de juin et juillet, le déficit est manifeste (-6%), alors que sur le début de l’année il était aussi imputable aux génisses.

Les importations progressent
La progression des importations de viandes fraîches et congelées compense la baisse de production observée sur les femelles. Sur le premier semestre 2007, elles augmentent de 5 % par rapport à 2006 atteignant 187 000 téc. Les importations de viandes fraîches en provenance d’Allemagne sont en nette augmentation (+10% par rapport à 2006) et représentent 30% des viandes fraîches importées. La viande irlandaise confirme son implantation et atteint 16 % de nos achats. Enfin, l’Italie et la Pologne augmentent aussi leurs exportations vers la France : +15% pour l’Italie à 15 000 téc et +80% pour la Pologne à 7 400 téc.

MAIGRES, incertitude sur la demande.

Après un début d’été difficile, la demande s’est améliorée et a tiré les cours à la hausse dans le sillage du jeune bovin.

Le premier semestre s’est achevé dans la morosité avec des exportations en maigre 4 % inférieures à celles de 2006, à 520 000 têtes.
La demande italienne a été particulièrement réduite sur cette période, 10 % sous 2006 pour les mâles de plus de 300 kg et 6 % sous 2006 pour les animaux de 160-300 kg. L’Espagne a en revanche maintenu l’accroissement de ses importations de maigre français sur l’ensemble des catégories d’animaux.
La demande, notamment italienne, est repartie à partir de la mi-juillet, tirée par la hausse des cours des jeunes bovins.

VEAUX DE BOUCHERIE, envolée des prix.

Le déséquilibre offre-demande tire les prix à la hausse.

Les prix du veau de boucherie connaissent une vive augmentation depuis début juillet.
Cette hausse des prix résulte à la fois de l’offre modérée consécutive à la réduction des mises en places depuis le début de l’année suite à la crise générée par la hausse brutale des coûts de production dans la filière, et d’une demande relativement soutenue en début d’été.
En effet, les achats des ménages français ont connu une progression de près de 10% par rapport à 2006 sur la période de mi-mai à début août, la météo pluvieuse ayant favorisé la consommation de viande.

VEAUX DE 8 JOURS, la baisse se poursuit.

Les petits veaux ne profitent pas de la hausse des prix du veau de boucherie en raison de la prudence des intégrateurs confrontés à des coûts de production accrus.

Dynamiques depuis le début de l’année, les importations de veaux de 8 jours connaissent un ralentissement depuis avril. L’Allemagne reste de loin le premier fournisseur avec 57 000 têtes depuis janvier soit 12% de plus qu’en 2006 malgré un recul en mai-juin. Les veaux en provenance d’Irlande et du Royaume-Uni progressent également mais restent peu nombreux (9 400 têtes). En revanche, les importations en provenance d’Espagne, des Pays Bas et de Pologne sont très en deçà de leur niveau 2006.
Ces veaux d’importation moins chers pèsent sur les cours du veau français. Par ailleurs, la demande des intégrateurs reste prudente et renforce la pression à la baisse. Ils remplissent timidement les cases en raison des difficultés de la filière veau de boucherie.