FEMELLES, la France n'est plus leader en terme de prix.

Soutenus par les autres marchés européens qui ont atteint des prix records, les cours français des femelles se tiennent. La morosité de la consommation des ménages est compensée par des abatages toujours aussi peu abondants.

En France, la faiblesse des abattages constatée jusqu’à la fin février et le dynamisme des autres marchés européens ont permis une bonne tenue des cours.

Les abattages au plus bas.
En baisse depuis le début de l’été dernier, avec un contexte laitier favorable incitant les producteurs à garder leurs vaches pour produire plus de lait, les abattages de femelles restent à des niveaux faibles. Même si une augmentation des réformes laitières est possible après la fin de campagne, les abattages de vaches sont toujours en net recul.
Sans pour autant compenser le manque de vaches, les abattages de génisses et de bœufs sont en hausse.

Consommation morose.
Les achats des ménages en viande bovine sont en baisse de 7% sur le mois de février, à l’image de l’ensemble des viandes. Dans les deux cas, la hausse des prix est pourtant modérée, limitée à 1 %. Il semble plutôt que les ménages se soient repliés vers des segments moins coûteux tels que la viande hachée surgelée qui voit ses ventes progresser de 12 % ou le porc qui limite la baisse à 2%. Ces deux secteurs sont ceux où le prix moyen constaté est le plus bas.
Pour combler la baisse des abattages de vaches, les importations sont en hausse. Au mois de janvier, en viande fraîche, l’augmentation est de 2%, soit + 400 téc fournie principalement par l’Italie qui reste le 3ème fournisseur de la France derrière les Pays-Bas et l’Allemagne.

Baisse des importations sud-américaines en Europe.
Au niveau européen, les restrictions imposées par la Commission aux exportations brésiliennes depuis le début de l’année, ont fait chuter le niveau d’importation des viandes sud-américaines

JEUNES BOVINS, pression sur les prix.

Les disponibilités abondantes font pression sur les prix à la production tandis que les demandes italienne et allemande piétinent.
En France, les prix des jeunes bovins sont soumis à la pression de sorties toujours plus nombreuses.

Toujours plus de jeunes bovins.

Après une hausse de 9% en janvier, les abattages de jeunes bovins ont enregistré un nouveau bond en février. Ils ont dépassé de 13% leur niveau de 2007.
La baisse du poids des carcasses permet de limiter les tonnages abattus à + 9%.
Les exportations de jeunes bovins finis ont progressé de 10% en janvier. La hausse a été particulièrement forte vers l’Italie (+22%) où les abattoirs manquaient de marchandise et où les taurillons français ont fait valoir leur compétitivité.
Compte tenu du stock de mâles enregistrés dans la BDNI, les sorties de jeunes bovins sur l’ensemble du premier semestre devraient progresser de 5%. Le flux ne se taira pas avant la fin de l’année 2008, des sorties encore plus nombreuses étant prévues au deuxième semestre (+12%).

Exportations dynamiques.
L’abondance de jeunes bovins dope les exportations de viande bovine.

La demande italienne s’essouffle.
En Italie, la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation des prix au détail (+4% pour la viande bovine) pèsent sur la consommation de viande bovine. Les achats des ménages avaient déjà reculé de 3% en 2007 et ils seraient toujours sur la pente descendante en ce début d’année 2008.

MAIGRES, activité extrêmement réduite .

Depuis le blocage des exportations vers l’Italie, les cours des broutards ont encore chuté et les échanges sont fortement réduits.

Sur le mois de janvier, les exportations de maigre se sont élevées à 105 600 têtes, un niveau non atteint depuis 2004 et qui surpasse de 11% celui de janvier 2007. L’augmentation a même atteint 17% vers l’Italie, traduisant un rattrapage partiel du retard d’exportation accumulé à l’automne 2007.
Des négociations sont en cours au niveau européen pour réduire le délai imposé entre la vaccination FCO sérotype 8 et l’expédition. Il devrait passer à 50 jours après la première injection contre 60 jours après la deuxième injection dans le dispositif actuel. Cette mesure permettrait de reprendre plus rapidement les exportations vers l’Italie.

VEAUX DE BOUCHERIE, la production se rétracte.

Les disponibilités sont réduites dans les principaux pays producteurs.
Face au manque à gagner de disponibilités françaises, les importations se renforcent aussi bien en vif qu’en viande. 6 400 veaux de boucherie auraient été importés des Pays Bas et d’Allemagne sur le seul mois de janvier. C’est 8 fois plus qu’en 2006.
La consommation de viande de veau a été en berne sur le début de l’année. Les achats des ménages étaient en recul de 16 % en février et de 14,5 % en cumul sur les deux premiers mois.

VEAUX DE 8 JOURS, les temps sont durs.

La demande reste sélective pour l’engraissement comme pour l’élevage et ne permet pas de retrouver un marché dynamique.
La demande pour l’engraissement ne se fait toujours pas pressante en petits veaux laitiers, d’autant que la consommation en baisse inquiète les intégrateurs et que les sorties correspondant aux mises en place de mars se feront pendant l’été, période traditionnellement défavorable à la viande de veau.