FEMELLES, la rareté soutient les prix.

Les réformes de vaches laitières se font rares en Europe. Les prix se maintiennent donc à de hauts niveaux malgré la baisse de consommation due à la forte hausse des prix au détail et à la baise de pouvoir d’achat. La pénurie fait flamber les prix Outre Manche.
Les éleveurs laitiers retiennent leurs vaches pour maximiser la collecte tant que les prix du lait sont bons.

Les importations comblent le manque de viande de vache.
Pour compléter les disponibilités restreintes, les importations continuent de se développer. Sur les deux premiers mois de l’année, les volumes de viande bovine importés se sont élevés à 65000téc, dépassant de 4% les volumes enregistrés en 2007. L’Allemagne, premier fournisseur de la France, a augmenté de 6% ses envois de viande fraîche, à 13000téc. Les Pays Bas ont augmenté de 19% leurs volumes, à 6900téc (hors viande de veau). Par manque de disponibilité, l’Irlande a dû réduire ses ventes de 4% à 6500téc, de même que l’Espagne dont les ventes continuent de se réduire (-3% à 3800téc).

Les prix au détail pèsent sur la consommation.
Les achats des ménages de viande bovine fraîche ont reculé de 7% sur la troisième période de l’année d’après le panel TNS. En cumul sur les trois premières périodes, la baisse est de 6%. L’augmentation des prix au détail, de 11 % pour la viande bovine fraîche, ainsi que le recul du pouvoir d’achat auquel elle contribue ne poussent pas à la consommation. Seules les viandes hachées surgelées, moins chères, tirent leur épingle du jeu : ces ventes ont augmenté de 4 %, alors que leur prix au détail n’augmentait que de 5%.
La consommation calculée par bilan, confirme mais atténue cette tendance. D’après le SCES, la consommation indigène brute de viande bovine s’est élevée à un volume inférieur de 2 % à celui de 2007.

Flambée inédite Outre Manche.
Les îles britanniques sont à sec. Non seulement les abattages sont au plus bas, mais les viandes importées du Brésil et d’Argentine sont à présent absentes du jeu. Face à ce manque de disponibilités, la demande britannique toujours ferme fait flamber les cours.
Au Royaume Uni, la production de viande bovine a totalisé une chute de 3% malgré la hausse de 6% des abattages de vaches qui montent en puissance depuis la fin de l’OTMS. En Irlande, les abattages de vaches sur les 4 premiers mois de l’année ont chuté de 23%, ceux de bœuf de 14% et ceux de génisses de 3%. Les abattoirs fonctionnent à flux tendus, avec des stocks réduits à zéro.
Malgré cela, les achats des ménages britanniques sont toujours aussi dynamiques. D’après TNS, les achat de viandes fraîches et congelées ont encore progressé de 3% en mars et ceux de «burgers» de 7%. Le manque de disponibilité devrait bientôt contraindre les consommateurs d’Outre Manche à réduire leurs achats.

JEUNES BOVINS, contexte préoccupant.

Avec une offre toujours aussi importante en France et en Allemagne, les prix à la production s’orientent à la baisse. Même si cette évolution a un caractère saisonnier, la hausse de disponibilités se heurte à la morosité croissante de la consommation européenne.
En France, la rareté des vaches à la porte des abattoirs contraste avec l’abondance de jeunes bovins. Cette différence et les phénomènes de substitution pouvant en résulter expliquent l’évolution actuelle des cours. D’un côté, les prix des jeunes bovins U et R baissent quasiment au même rythme que l’année dernière et débutent le mois de mai à des niveaux intermédiaires entre ceux particulièrement bas de 2007 ( 6 et + 8%) et ceux élevés de 2006.

Exportations dynamiques.
Les fortes disponibilités en jeunes bovins dopent les exportations. Celles-ci ont progressé de 9 % en février pour les jeunes bovins finis et de 10 % en cumul depuis le début de l’année. L’Italie est la principale destination (60 % des animaux) et le moteur de cette hausse (en augmentation de 26 % depuis le début de l’année).
Les exportations de viande progressent aussi. En hausse de 9 % sur le mois de février, les envois ont augmenté de 6 % en cumul depuis le début de l’année. L’Italie et la Grèce sont les deux principaux clients de nos opérateurs français..

La consommation est également morose Outre-Rhin.
En Allemagne, la consommation des ménages est beaucoup moins dynamique que l’an passé. Elle est en baisse de 6% en février et de 4% depuis début janvier. La consommation de viande bovine pâtit de prix élevés et ce sont les préparations à base de viandes de mélanges et la charcuterie, meilleur marché, qui s’y substituent partiellement.

Un marché plus tendu en Italie.
En Italie, le recul des abattages contribue à tendre le marché. D’après ISTAT, les abattages sur le mois de janvier seraient en baisse de 6 % pour les jeunes bovins et de 3% pour l’ensemble des gros bovins. Ce manque de disponibilité a obligé les opérateurs à se tourner vers davantage de viandes importées, ce qui tend à rééquilibrer les autres marchés européens engorgés, notamment les marchés français et allemand.

MAIGRES, l'attente est longue.

Pendant que les vaccinations progressent, le commerce de broutards est réduit au minimum.
Les données des Douanes françaises confirment le dynamisme des exportations de broutards en février, en prévision de la fermeture du marché italien début mars. 17% de plus qu’en 2007, ont été expédiés sur ce mois. En cumul sur janvier et février, la hausse est de 14%, représentant 27000têtes supplémentaires. Logiquement, cette anticipation des envois a été particulièrement marquée vers l’Italie, 27% de plus qu’en 2007. L’Espagne, en revanche, semble confirmer son désintérêt pour l’engraissement, les expéditions françaises de broutards vers ce pays étant en recul de 33% sur les deux premiers mois.

Des importations en grande partie bloquées jusqu’à début juin.
En revanche, depuis la fermeture du marché italien le 4 mars, les échanges de broutards sont réduits à de rares envois vers la Grèce ou l’Espagne et à quelques acquisitions par des engraisseurs en France. Cette activité au ralenti devrait être de rigueur jusqu’en juin. La Commission Européenne a en effet conforté début avril la position italienne de n’accepter que des animaux vaccinés ou naturellement immunisés en provenance de la zone réglementée, conduisant la France à rendre la vaccination obligatoire pour les animaux destinés à l’exportation.

Perturbations en perspectives à la réouverture du marché Italien ?
Si la situation actuelle inquiète la filière, cette dernière nourrit également des craintes pour la réouverture du marché italien. Les engraisseurs transalpins absorberont-ils l’ensemble des animaux et à quel prix? Les éleveurs français, qui rencontrent pour une bonne part des difficultés de trésorerie, ne vont-ils pas chercher à se débarrasser au plus vite de leurs animaux et venir engorger le marché? Les mois de juin et juillet habituellement calmes en matière d’exportations, promettent d’être des plus agités.

VEAUX DE BOUCHERIE, abattages retardés.

Le déséquilibre offre/demande à l’échelle européenne alourdit le marché et fait chuter les cours.
La consommation de veau est en net recul sur le début d’année. D’après le panel TNS, les achats des ménages sont en repli de 10% par rapport à 2007 sur les 12 premières semaines. Ils pâtissent de prix au détail élevés (+6%), mais aussi d’un tassement généralisé de la consommation de viande (-4,7% en France).

VEAUX DE 8 JOURS, "il n'y a plus de saison".

Pas de hausse des cours malgré la baisse saisonnière des disponibilités
A une période où les cours sont traditionnellement orientés à la hausse par des disponibilités en baisse, les cotations n’ont connu qu’une légère remontée en mars et peinent actuellement à être reconduites. La demande des intégrateurs, freinée par les difficultés de sortie des veaux de boucherie et les perspectives de consommation peu encourageantes, n’absorbe pas l’offre en petits veaux laitiers et maintien les cours au plus bas. La situation est assez semblable pour les petits veaux croisés destinés à la production de jeunes bovins.