Cette note de conjoncture est une synthèse de «l’année économique bovine 2008». Elle ne reflète donc pas la «tendance» de la conjoncture de ce début d’année 2009.

GROS BOVINS, une année tout en contraste

Beaucoup de jeunes bovins au premier semestre, beaucoup de vaches au second, mais au final, une production proche de celle de l’année précédente du fait de l’allègement du poids des carcasses.
La consommation victime de la baisse de pouvoir d’achat.
Après avoir progressé de 1,5 % en 2007, dopée par la hausse des disponibilités, la consommation française de viande bovine estimée par bilan s’est repliée de 2% en 2008 à 1,638 million de téc, soit -33000 téc. A la légère baisse de la production intérieure (-10000téc) et des disponibilités sur le marché européen, s’est ajoutée la baisse du pouvoir d’achat couplée à la hausse des prix au détail.
Le marché italien a tiré les exportations.
Les exportations françaises en hausse de 2% en 2008 ont totalisé 299000téc (75% en viandes fraîches). Vers l’Italie, les expéditions fraîches ont progressé de 17% pour égaler le record de 1998, soit 87000téc. Achetant 39 % des volumes exportés, l’Italie est passée de nouveau devant la Grèce au rang de 1ère destination pour les viandes bovines fraîches françaises. Vers l’Allemagne, troisième débouché pour les opérateurs français, les ventes de viandes fraîches ont chuté de 8% pour tomber à 35000téc en 2008.

JEUNES BOVINS, encore plus nombreux, mais plus légers.

L’année 2008 a été marquée en France par une production de jeunes bovins toujours élevée, surtout au premier semestre, résultant de la forte réduction des exportations de broutards sur la campagne 2007-2008. Leurs prix se sont toutefois bien maintenus grâce à la baisse de la production italienne et à la baisse drastique des importations de viandes brésiliennes sur le marché européen.
D’après nos estimations, le nombre de jeunes bovins produits a progressé de 4% en 2008 à 1,198 million de têtes, après une hausse de 13% en 2007. Néanmoins, la forte baisse du poids de carcasse (-3%), a limité la hausse des tonnages produits à 1%, à 464000téc.
Les carcasses se sont considérablement allégées, passant d’une moyenne de 400,5kg à 387,5kg en 2008. Les restrictions sur les mouvements d’animaux liées à la FCO ont quelque peu désorganisé la production, certains éleveurs naisseurs se trouvant parfois contraints de finir eux-mêmes leurs broutards avec les moyens du bord.
Sur les 464000 tonnes équivalent carcasse de jeunes bovins finis en France en 2008, nous estimons les débouchés suivants: 4% pour les exportations sur pied (dont 82% vers l’Italie), 45% pour les exportations de viande et 51% pour la consommation en France

FEMELLES, après la pénurie, le trop plein.

Parallèlement, après un premier semestre de quasi-pénurie en viande de vaches, le retournement de la conjoncture laitière en milieu d’année a conduit, sur le second semestre, à un afflux de vaches laitières de réforme. Les prix des vaches, très hauts en début d’année, se sont effondrés à partir de la mi-août avec le début des abattages massifs.
La production de femelles a totalisé 767000 éc en 2008, soit 0,5 % de moins qu’en 2007, où elle avait déjà enregistré un recul de 3%. C’est le recul des poids de carcasse (-1%) qui a tiré la production à la baisse puisque le nombre de femelles produites a légèrement progressé (+0.5%) De 354kg n moyenne en 2007, le poids moyen des carcasses de femelles abattues est tombé à 351kg, un niveau proche de celui 2006.
Les abattages de femelles ont reculé de 6% en têtes sur la première moitié de l’année 2007.

MAIGRES, sous la pression de la FCO

Les échanges de broutards de la dernière campagne ont été marqués par les restrictions liées à la fièvre catarrhale et par la crise de rentabilité de l’engraissement.
Depuis l’automne 2007, les échanges de gros bovins maigres ont été très chaotiques au gré de la progression de l’épizootie de fièvre catarrhale, des ouvertures/fermetures de frontières négociées avec les pays partenaires puis des livraisons de vaccins. Les exportations ont également souffert du manque de rentabilité de l’engraissement dans les principaux pays importateurs suite à la flambée des prix des céréales de l’été 2007 jusqu’au printemps 2008.
Sur les 4 premiers mois de la campagne, les exportations françaises vers l’Italie ont progressé de 13% (+38000têtes) par rapport au faible niveau de 2007. Les exportations globales de maigres n’ont toutefois progressé que de 9% en raison de la forte baisse des échanges avec l’Espagne (-25%).

VEAUX DE BOUCHERIE, activité ralentie par la consommation en berne

Seuls les Pays Bas renforcent leurs abattages. Ils deviennent le premier producteur européen devant la France.
Compte tenu de la crise de rentabilité de l’engraissement fin 2007, les sorties de veaux ont été particulièrement réduites au premier semestre 2008. Les abattages de veaux de boucherie, estimés à un peu plus de 1,57 million de têtes sur l’année, affichent un recul de -2%, soit 33000 têtes par rapport à l’an passé.
Le recul annuel de production n’est toutefois que de 1 % en volume car les poids de carcasse ont progressé de 1,5kg sur l’année, s’établissent à 135kg.
Malgré la nette amélioration de la rentabilité des ateliers début 2008, la reprise des mises en place a été freinée par le repli de la consommation.

VEAUX DE 8 JOURS, les disponibilités accrues pèsent sur le marché.

La demande timide pour l’engraissement de veaux de boucherie et la hausse des disponibilités, renforcée par les restrictions des échanges en lien avec la fièvre catarrhale, ont eu raison des cours.
Déjà faible en 2007, les cours des petits veaux laitiers français ont encore nettement reculé en 2008. La cotation du veau mâle laitier de 45-50kg est ainsi passé de 100€ à partir du mois d’août et est descendu jusqu’à 64€ de moyenne en novembre. La moyenne annuelle de la cotation du mâle laitier de 45-50kg s’établit à 104€ soit 25% de moins qu’en 2007 et presque -50% de moins que 2006.
La France a été importatrice nette de 37000 veaux en 2008 alors qu’elle était traditionnellement exportatrice.

LE CHIFFRE DU MOIS.

84 000 têtes.
C’est d’après la BDNI, l’augmentation annuelle estimée du nombre de femelles de plus de 36 mois en France au 1er décembre 2008.
En plus d’être la plus forte hausse depuis 2001, cette augmentation est le reflet de l’agrandissement à la fois du cheptel de vaches laitières (en hausse pour la première fois depuis 2001) et de celui de vaches nourrices.