JEUNES BOVINS, début de baisse des disponibilités.

Après une baisse des cours en début d’année, les prix semblent se stabiliser dans les différents pays européens. Une offre moins abondante est à l’origine de ce changement de tendance.

Des abattages moins nombreux.
Après une année 2008 où les abattages de jeunes bovins étaient nombreux, les mois de décembre et janvier semblent marquer un retour à la normale. Les abattages de taurillons seraient en baisse de 4% en décembre, et du même ordre en janvier.
Ce recul des abattages reflète un début de baisse des disponibilités dans les élevages.
La baisse du stock d’animaux dans les exploitations s’explique par une baisse des naissances et une hausse des exportations d’animaux vifs: ventes de broutards vers l’Italie, exportations de jeunes bovins gras en hausse de 40% en décembre 2008.

Exportations dynamiques en fin d’année.
Malgré une baisse des abattages en décembre-janvier, les volumes abattus restent élevés, offrant des disponibilités en viande toujours importantes et favorisant de hauts niveaux d’exportations. L’Italie reste le premier pays importateur avec une hausse de 40% de volumes importés en décembre. La Grèce reste le second pays importateur de viande fraîche française, avec une hausse des volumes échangés en 2008 de 3%. A l’inverse, l’Allemagne, troisième partenaire, a diminué ses importations de 7% sur l’année.
Avec des cours en baisse sur le début d’année, mais stabilisés depuis février, la situation allemande est comparable à celle de la France.
Les cours des jeunes bovins italiens suivent la même évolution que leurs homologues allemands ou français. Cependant, en Italie les cours des animaux sont passés sous ceux de 2008. A la différence des autres pays européens, les volumes abattus devraient augmenter dans les mois à venir avec l’arrivée prochaine dans les abattoirs des broutards français exportés sur l’été 2008 et actuellement engraissés dans les ateliers italiens.

FEMELLES, les sorties ralentissent, les cours remontent

L’ajustement du cheptel laitier européen s’est poursuivi en début d’année faisant pression sur les prix des vaches. Les réformes semblent à présent se ralentir, ce qui permet aux cours de se redresser.

Des abattages toujours massifs en janvier.
Dans la lignée du second semestre 2008, les réformes de vaches sont restées abondantes en début d’année. En janvier, 199000 femelles ont été abattues, soit 11% de plus que le niveau bas de l’an dernier. Le poids moyen, à 355kg (-1% par rapport à 2008), confirme que la proportion de vaches laitières est plus importante qu’en 2008.

Des importations dynamiques en décembre.
Le mois de décembre a marqué une inversion de tendance. Les importations françaises de viande bovine ont en effet progressé de 6%. Alors que les abattages de vaches marquaient une pause début décembre, les opérateurs ont probablement cherché à sécuriser leurs approvisionnements à l’approche des fêtes.
Sur l’ensemble de l’année 2008, les importations de viande fraîche et congelée ont reculé de 3% à 380000téc : -16% viande irlandaise, -3% en provenance d’Allemagne.

Les prix chez nos voisins.
En Allemagne, sous l’effet d’abattages abondants et d’une demande morose, les prix ont continué à s’effriter au début de l’année, inférieurs à 2008. Ils amorcent une légère remontée fin février.
Dans les îles britanniques, la faiblesse de la livre sterling face à l’euro renforce la compétitivité des viandes britanniques tout en pénalisant celle des viandes irlandaises.
Au Royaume Uni, le prix moyen du bœuf, à 2,86 livres/kg dépasse de 20% son niveau de l’an dernier et de 38% celui de 2007. La baisse des disponibilités a elle aussi sa part de responsabilité : baisse de 6% des abattages de jeunes animaux en 2008. En Irlande, le faible cours de la livre pèse sur les prix des animaux jeunes, le marché britannique étant le principal débouché pour ces produits (avec le bœuf R3 à 3,01 euros/kg de carcasse fin février).

MAIGRES, retour au calme

Les échanges dynamiques en décembre-janvier grâce à une demande italienne et française soutenue laissent peu de disponibilités de maigres pour les mois à venir.
Les exportations de broutards ont été nombreuses en décembre 2008 : 47% de plus qu’en 2006. Le dynamisme des échanges semble s’être poursuivi en janvier, renforcé par l’ouverture des frontières italiennes aux animaux non vaccinés. Les expéditions se seraient ralenties en février en lien avec la réglementation qui évolue et l’offre française s’essouffle après les envois massifs de décembre-janvier et les mises en engraissement relativement dynamiques en France.
Tirés par les demandes italiennes et françaises, les cours du maigre ont démarré l’année à la hausse dans toutes les catégories avant de se stabiliser, voire de s’effriter en février. Les cours des mâles sont en hausse, ceux des femelles restent en recul. Depuis le 23 février et la signature d’un accord franco-italien permettant de réduire durablement le délai avant expédition à 30 jours après la seconde injection de vaccin (au lieu de 60 jours initialement), les opérateurs ont un peu plus de visibilité. Il semble toutefois que les stocks d’animaux en ferme, tout du moins des mâles, soient faibles.

VEAUX DE BOUCHERIE, une production contenue.

Une production très modérée et des importations en net recul permettent de maintenir les cours des veaux d’atelier en ce début d’année.
Les abattages de veaux de moins de huit mois, avec un peu plus de 124500 têtes en janvier, sont en hausse par rapport au bas niveau de décembre, mais restent en deçà (-1%) des abattages de janvier 2008. On enregistre toutefois une progression de 2% en volume, les animaux ayant été envoyés plus lourds à l’abattoir.
Sur le mois de janvier, les abattages auraient également été en retrait (en têtes) en Allemagne et aux Pays-Bas. Les exportations néerlandaises seraient globalement en retrait de 14% par rapport à 2008 pour les deux premiers mois de l’année, avec une chute de respectivement 18 et 20% vers l’Allemagne et la France.

VEAUX DE 8 JOURS, encore sous pression.

Des disponibilités toujours supérieures à 2008 et une demande prudente des intégrateurs ne permettent pas aux cours des petits veaux de retrouver leur niveau des années passées.
La période principale des vêlages laitiers se termine mais les naissances restent plus élevées que début 2008, résultat de l’excellente conjoncture laitière il y a neuf mois. Ainsi, si les cours des petits veaux mâles français ont été nettement orientés à la hausse en début d’année, ils restent à de bas niveaux par rapport aux années précédentes. La cotation du veau laitier mâle de 45-50kg s’est stabilisée à 107 euros fin février, soit respectivement 11% et 36% sous ses niveaux de 2008 et de 2007. Chez nos voisins européens, la hausse des cours des petits veaux laitiers connaît également un coup de frein.