JEUNES BOVINS, l'Italie ne tire plus le marché.

La crise économique est là : les prix chutent partout en Europe malgré des disponibilités globalement en baisse.
En France, les cours des jeunes bovins plutôt stables en février ont amorcé un début de baisse mi-mars avec des sorties plus abondantes et un ralentissement de la demande italienne. Les cotations nationales ont perdu respectivement 6 et 7cts en trois semaines pour débuter le mois d’avril à 3.50et3.21 €/kg carcasse (soit 3% au dessus des cours 2008). La cotation du jeune bovin O à 2.75 €/kg reste à son niveau de 2008.
En Italie, les disponibilités limitées forcent les opérateurs à anticiper les sorties conduisant à une baisse de 2% du poids moyen des taurillons. Dans ce contexte fin mars les prix ont amorcé un nouveau recul même s’ils restent hauts comme les jeunes bovins charolais à 2.36 €/kg supérieur de 13 % des cours 2007.
En Allemagne, les cours des jeunes bovins ont subi une forte baisse avec dans le contexte de crise économique les consommateurs qui se tournent vers la viande de porc.

Des jeunes bovins à écouler
Près de 84 000 jeunes bovins ont été abattus en février, soit 5% de moins qu’en 2008 mais 8% de plus qu’en 2007.
Il demeure un stock de mâles important encore à écouler. Au 1er février la BDNI recensait un surplus de 5500 têtes pour les mâles de 12 à 18 mois et de 28100 têtes pour ceux de 18 à 24 mois.
Les exportations en vifs continuent de monter en puissance écoulant une partie du surplus de production. En janvier, 6400 mâles près à abattre ont été exportés soit 21% de plus qu’en 2008. En réponse les débouchés se diversifient : l’Italie en acheté plus de la moitié, le Liban et l’Algérie se sont portés acquéreurs d’environ 1000 têtes chacun.
Les exportations de viande bovine ont progressé de 6% entre janvier 2008 et janvier 2009 en lien à des vente de viandes fraîches importantes d’Italie (+24%).

FEMELLES, la morosité gagne du terrain

La demande fléchit partout en Europe alors qu’il reste encore des vaches en instance de réforme. Les prix sont à nouveau sur la pente descendante.
Après un léger redressement grâce au ralentissement des réformes, les cours sont repartis à la baisse depuis mi-mars liée aux sorties plus nombreuses en cette fin de campagne laitière. La carcasse de la vache O à 2.54 €/kg début avril était inférieure de 8% de son niveau de 2008 et de 3% de 2007. La vache R à 3.09 €/kg enregistrait en même temps des baisses de 5% et 1% respectivement.
En Allemagne et en Irlande le marché est morose et les cours sont au plus bas. Seul au Rouyaume-Uni où les disponibilités sont de plus en plus faibles les cours sont à des niveaux très élevés. Les cours des bœufs et des génisses dépassent de 14% et 37 % leurs niveaux de 2008 et 2007. Les hausses sont de 22% et 56% pour le cours des vaches.
Encore des vaches à réformer
Les abattages de femelles ont totalisé 182000 têtes au mois de février soit 7% de plus que le faible niveau de 2008, mais 8% de moins qu’en 2007. Le poids carcasse de 359 kg reste semblable à celui de 2008.
Le stock de femelles laitières de plus de 24 mois diminue peu à peu au vu des niveaux élevés de 2008. Malgré le surplus d’abattages de février, les sorties devraient rester soutenues dans les mois à venir, le cheptel n’ayant pas fini d’être réajusté. Pour le troupeau allaitant, c’est un surplus de 50 000 femelles de plus de 36 mois qui est enregistré d’une année sur l’autre.
Baisse des importations en janvier
Le retour des disponibilités en viande de vache et la demande peu dynamique ont conduit à une chute de 12% des importations françaises de viande bovine (-8% pour l’Allemagne et l’Irlande).
Côté consommation, en cumul sur trois mois les achats des ménages de viande bovine non élaborée a progressé de 2% avec une progression importante de la viande braiser moins chère que la viande à griller. Les achats de viande hachée fraîche ont quant à eux reculé de 1% contre une progression de viande hachée surgelée de 3%.

MAIGRES, début de la saison creuse.

La baisse saisonnière des disponibilités renforcée par les anticipations de ventes en début d’année conduit à un tassement des échanges. Les cours se sont donc bien tenus mais la demande italienne perd de l’enthousiasme.
En lien aux dérogations réglementaires et à une demande active en Italie, les exportations de broutards sont restées dynamiques en janvier 2009. Les expéditions semblent en revanche s’être ralenties en février en en mars.
En France la demande pour l’engraissement a été dynamique pendant tout le 1er trimestre. La bonne tenue des cours et l’aide à l’engraissement accordée pour des animaux maigres achetés jusque début avril ont permis de soutenir le marché des animaux plus légers.
Du côté des femelles, l’offre plus étoffée peine à trouver preneur. Les cours sont alors moins bien tenus que pour les mâles.
En terme de disponibilités, la saison traditionnellement creuse débute entre avril et juin. Ce manque de disponibilité pourrait perdurer cet automne. Les données de naissance issues de la BDNI montrent un net recul du nombre de veaux du cheptel allaitant nés viables sur les deux premiers mois de l’année. Ceci s’ajoute à des décalages de naissances en raison de la FCO laisse présager un manque d’animaux en août - septembre lors du redémarrage saisonnier des exportations..

VEAUX DE BOUCHERIE, stabilisation.

Une offre qui semble adaptée à la demande permet de maintenir les cours et limiter les importations.
Les abattages de veaux de moins de 8 mois se maintiennent au mois de février de même que les volumes abattus. Les cotations montrent également une grande constance. Celle du veau rosé clair O est de 5.10 €/kg de carcasse au mois de mars, soit un niveau quasi stable depuis 6 mois. Le prix reste toutefois très inférieur au niveau de 2008 (-13%) et atteint même des niveaux inférieurs à 2007 (-3%).
Cette stabilité des cours est similaire en Europe, en Allemagne et au Pays-Bas. Au Pays-Bas les expéditions ont chuté de 16 % par rapport à 2008.

VEAUX DE 8 JOURS, les cours remontent.

Des disponibilités en baisse poussent les cours à la hausse. Ils rejoignent leurs cours toutefois bas de 2008.
L’effectif des naissances issu du troupeau laitier continue de diminuer en février (-21% en janvier) et affiche une baisse de 7% par rapport à 2008.
Une progression des cours s’est poursuivie en mars avec une cotation du veau laitier mâle de 45-50 kg à 121 €/tête, proche des niveaux de 2008.Cette cotation reste cependant très en dessous des cours 2007 et 2006 avec respectivement -35 % et – 53 %.
La reprise des cours en générale en Europe. La Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne voient leurs cours progresser. Seuls les prix des petits veaux laitiers espagnols et britanniques ne décollent pas..