JEUNES BOVINS, les cours restent fermes.

Le déficit d’abattage de taurillons par rapport à 2008 semble se tasser en France et chez nos partenaires, ce qui n’empêche pas les cours, certes inférieurs aux bons niveaux de 2008, de rester fermes, notamment en France et en Italie.
Les cours des jeunes bovins ont poursuivi leur petite hausse saisonnière en fin d’année avec les jeunes bovins U et R respectivement à 3,44 et 3,18 €/kg (+4% par rapport à 2008).
Le déficit d’abattage se tasse mais perdure
En cumul sur 11 mois, la production nette de taureaux et taurillons s’élève à 366.400 téc soit 10% de moins que l’an passé.
Au 1er novembre 2009, selon la BDNI, il ne manquait plus que 10.900 mâles de 12 à 18 mois par rapport à 2008, le surplus de mâles laitiers (+13.600 têtes) compensant en bonne partie le déficit de mâles de race à viande. De même, il n’y avait plus que 5.000 mâles de 18 à 24 mois supplémentaires, aux 3⁄4 laitiers. Dans les mois qui viennent, le recul des disponibilités en taurillons par rapport à un an plus tôt devrait donc s’atténuer.
Nouveaux fléchissement des exportations de viande
Avec 218.500 téc expédiées sur les 10 premiers mois de 2009, le recul des exportations totales de viande bovine reste modéré à -3%. Ce sont les expéditions de viandes congelées, à la fois intra-communautaires et vers les pays tiers qui, s’étant repliées d’un quart, expliquent le recul global des exportations. Les exportations de taurillons vivants restent en revanche dynamiques à 7.800 têtes en octobre soit 26% de plus qu’en 2008. L’Italie reste le principal destinataire même si la demande recule (-9%). Les trois quarts du surplus ont été expédiés hors de l’Union européenne, essentiellement vers le Liban (7.000 têtes), l’Algérie (4.700 têtes) et plus récemment la Tunisie (2.000 têtes).
Bons niveaux de prix sur le marché italien
Sur les 9 premiers mois de l’année, les abattages italiens de taurillons n’ont pas dépassé
1,305 million de têtes, soit 3% de moins que l’an passé. Sur la même période, l’ensemble des abattages de bovins affiche un léger recul en volume, à 770.000 téc (-1%).
La fin d’année aura été profitable aux engraisseurs italiens avec une franche hausse saisonnière des cours des jeunes bovins. La cotation des taurillons Charolais et Croisés de 650 à 720 kg est repassée au-delà de la barre des 4 euros, à 4,16 €/kg de carcasse.
Reprise des abattages en Allemagne
En septembre les abattages allemands de taurillons avaient bien amorcé leur hausse saisonnière et atteint 142 000 têtes. Le recul de production s’était ainsi un peu réduit puisque le déficit par rapport à 2008 n’était plus que de 3% sur ce mois contre 9% en cumul sur 9 mois. Avec une faible hausse saisonnière, les cotations des taurillons R et O terminent l’année respectivement à 3,03 et 2,79 €/kg de carcasse en recul de 8% par rapport à 2008.

FEMELLES, sous la pression des importations européennes

Les cours des femelles restent bloqués à des niveaux faibles malgré la réduction des abattages. Les importations de viandes progressent, du fait de prix encore plus bas chez nos partenaires européens.
Les cotations des femelles sont restées à de faibles niveaux lors du mois de décembre 2009 et sont toujours globalement inférieures aux niveaux rencontrés à la même période en 2008.
Légère baisse des abattages
Pour la première fois en 2009, les abattages mensuels ont été plus faibles qu’en 2008. Au mois de novembre, ce près de 198.000 femelles qui ont été abattues, soit une diminution de 2% par rapport à 2008. En cumul sur l’année, les abattages de femelles sont en hausse de 5% avec 2,05 millions de têtes. Les poids de carcasse des vaches, supérieurs aux niveaux de 2008 renforcent la hausse en volume : +6% à 721.000 têtes.
Importations : les viandes étrangères compétitives
Les viandes de nos partenaires européens sont particulièrement compétitives et la recherche par le consommateur de viandes bon marché continue de doper les importations. Ainsi, le cumul sur 10 mois est désormais égal à celui de 2008 (315.000 téc). Ce sont les achats de viandes congelées qui progressent (+15% sur 2009) et continue de stimuler les importations globales puisque les achats de viandes fraîches sont toujours en recul (-4%).
D’après le panel TNS, les achats des ménages de viande de bœuf ont été en net recul en novembre : de 5% en volume et presque 6% en valeur. Même les viandes hachées marquent un arrêt alors que la progression sur les onze premiers mois est de 2%.
Chez nos voisins
En Allemagne la chute des cours se poursuit avec la vache R qui termine l’année à 2,30 €/kg de carcasse (-8% par rapport à 2008). Le prix des vaches O s’établit à 2,08 €/kg de carcasse (-11%) soit le niveau le plus bas depuis décembre 2005.
En Irlande, après des abattages en baisse sur les 10 premiers mois de l’année, le mois de novembre a vu ses abattages augmenter de 17%. Cette progression est permise par une forte augmentation du nombre de bœufs abattus en novembre (+28% avec 71.000 têtes) mais également des génisses dont le nombre est en hausse de 14% avec 44.000 têtes.
Malgré une légère augmentation des cours en fin d’année, les cotations sont toutefois en recul de 9% par rapport à 2008. Les vaches O3 connaissent une baisse de 14% sur 2008 avec un prix de 2,09 €/kg de carcasse.
Au Royaume-Uni, le total des abattages de gros bovins 2009 s’établit 1% au-dessus de son niveau de 2008. Malgré l’augmentation des disponibilités, les cours des bœufs et des génisses ont cessé de diminuer et sont repartis légèrement en hausse au mois de décembre : les génisses à 2,78 £/kg de carcasse, et les bœufs à 2,80 £/kg de carcasse.

MAIGRES, des cours stables en fin d’année.

Des exportations dynamiques avec plus de femelles et d’animaux légers par rapport à 2008.
Avec des bons niveaux d’importation, la composition des exportations est sensiblement différente de 2008 : les envois de mâles de plus de 300 kg sont en repli de 10% alors que ceux des génisses et des animaux de moins de 300 kg sont en forte hausse. L’Espagne, se positionne sur l’achat d’animaux très légers avec progression d’un tiers. Elle a été destinataire de 37% des animaux de cette catégorie. Les exportations d’animaux vers la Grèce à la baisse, reviennent à leur niveau de 2007.
Les cours de mâles se maintiennent à des bons niveaux…
L’année s’est terminée sur de bons niveaux d’exportations, la demande italienne étant restée stable. La demande française est également assez dynamique, ce qui contribue à la stabilité des cours à des niveaux élevés. Tandis que les prix se sont maintenus pour les animaux légers, les animaux lourds ont encore eu des difficultés à se vendre ce qui s’est ressenti sur leur cour, en baisse.
… mais ceux des femelles restent déprimés
Malgré des stocks inférieurs à ceux de 2008 pour les femelles de 6 à 14 mois, et un marché ouvert à l’exportation, les cours ont légèrement baissé, celui de la Charolaise 270 kg U perdant 1 centime au mois de décembre.
Les exportations irlandaises vers l’Italie terminent l’année à près de 32.000 têtes (+16% comparé à 2008)..

VEAUX DE BOUCHERIE, une consommation en hausse.

Une consommation des ménages en hausse et des volumes d’abattage en baisse laissent la place aux importations.
La consommation des ménages a été dynamique au mois de novembre avec une hausse de 6% alors que le bœuf est en baisse de 5%. Le maintien de bas prix au détail explique cette consommation. Les abattages sont maintenus, en tête, avec 123.600 animaux, mais affichent une légère baisse en volume (-1%).
Malgré les fêtes, le cours du veau de boucherie rosé clair O est resté stable à 5,33 €/kg fin décembre, soit 5% au-dessus de son cours de fin 2008.
Chez nos voisins européens, les cours des veaux de boucherie terminent l’année à des niveaux bien supérieurs à ceux de 2008. Aux Pays-Bas, le veau pie-noire est stable à 4,55 €/kg de carcasse (11% / 2008). Sur le marché de Modène, le veau de boucherie italien s’affiche à 6,53 €/kg de carcasse soit +18%.

VEAUX DE 8 JOURS, une fin d’année stable.

Des mises en place dynamiques en décembre permettent de maintenir les cours.
Les naissances de veaux laitiers sont demeurées faibles en octobre avec 33.000 veaux (-9% / 2008). Malgré cette baisse des naissances, les exportations de veaux de moins de 80 kg ont progressé de 59% à près de 11.000 têtes en octobre.
Les naissances au mois de novembre ont été plus dynamiques, avec seulement 3.000 veaux laitiers de moins qu’en 2008.
Les mises en place chez les opérateurs, en prévision des démarches commerciales associées à la Pentecôte, ont été relativement bonnes au mois de décembre. Couplées à des disponibilités limitées en cette fin de période de vêlage, cela a permis de maintenir les cours des petits veaux laitiers mâles et femelles. La cotation du veau de 45-50 kg mâles se situe juste
en dessous des 100 euros, à 97 euros, soit 18% de plus qu’en 2008. Les cours des femelles n’ont pas bougé en cette fin d’année.
Les veaux destinés à l’élevage font face à une demande active qui a pour conséquence une hausse des cours. Les mâles croisés lourds affichent 378 euros, soit un niveau supérieur aux 4 dernières années.

LE CHIFFRE DU MOIS

+10% sur les premiers mois de l’année, c’est la progression, comparée à 2008, des exportations de broutards français, qui retrouvent ainsi leur niveau de 2007. Mais cette évolution d’une année sur l’autre est surtout du à la forte hausse des envois de femelles et d’animaux de moins de 300 kg. Ces derniers sont notamment exportés vers l’Espagne, où s’est rétablie, tandis que les broutardes, dont les cours sont toujours déprimés, trouvent preneurs en Italie..