Cette note est une synthèse
de "l’année économique bovine 2009".
Elle ne reflète donc pas la "Tendance"de la conjoncture
de ce début d’année 2010.
| GROS
BOVINS - 2009 : les
réformes laitières ont fait les volumes. |
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L’année 2009 a été
marquée par un afflux de vaches laitières dans les abattoirs
français. La production de jeunes bovins en France a fortement
diminué en 2009. Ce manque relatif d’animaux mâles
a permis aux prix de se maintenir. Les exportations ont diminué
et les importations ont été contenues.
Stabilité de la production française
La production française de gros bovins finis en 2009 est estimée
à 1,328 million de tonnes équivalent carcasse (téc).
Elle est très proche de celle de 2008, avec une augmentation
de seulement 0,5%.
La production de femelles, qui représente 61% de la production
française de gros bovins contre 58% l’année passée,
a fortement progressé au cours de l’année 2009 :
+5,3% dont 4,6% pour les génisses et 5,5% pour les vaches. En
revanche, 2009 fut synonyme d’un important recul de la production
de mâles, en particulier de jeunes bovins qui régresse
de 6,8% à 430.000 téc. Celle de bœufs marque également
le pas et diminue de 4,6%Stabilité de la production française.
Femelles : un début de décapitalisation allaitantes
?
La production de femelles a totalisé 809 000 téc en 2009
(+5,3%/2008). Les volumes d’abattage se sont continuellement maintenus
à des niveaux élevés (chute du prix du lait). La
progression du cheptel allaitant, que l’on pouvait observer depuis
quelques années, marque ainsi le pas en 2009, avec un recul annuel
de 37 000 vaches allaitantes (-1%).
Moins de jeunes bovins produits et consommés dans l’Hexagone
Le nombre de jeunes bovins produits en 2009 aurait été,
selon nos estimations de 1,118 million de têtes (-5,8% par rapport
à 2008). L’allègement des poids des carcasses amplifie
la diminution en volume : -6,7% à 430 000 téc.
La faiblesse des abattages a été manifeste tout au long
de l’année avec un repli particulier au printemps et en
été. Les exportations de jeunes bovins vifs finis ont
très fortement progressé en 2009 ; en augmentation de
44%, elles culminent à 116 000 têtes. Ces envois ont amputé
d’autant les abattages.
Sur les 430 000 tonnes équivalent carcasse de jeunes bovins finis
en France en 2009, les débouchés sont répartis
comme suit : 6% pour les exportations sur pied, 46% pour les exportations
de viande et 48% pour la consommation en France (-3 points/2008). Concurrencées
en France par les viandes de vaches laitières, ces carcasses
de jeunes bovins ont été expédiées vers
l’Italie.
Baisse générale des prix
Le prix moyen pondéré des gros bovins à la production
en 2009 a reculé de 5% par rapport à 2008.
Les prix des jeunes bovins se sont établis entre les prix de
2008 et ceux de 2007, contrairement aux femelles.
Les cours des vaches ont été marqués, en 2009,
par une inhabituelle stabilité. Les cotations se sont donc maintenues
à des niveaux faibles tout au long de l’année
La consommation résiste
En 2009, la consommation de viande bovine est restée stable.
1,641 million de téc (viande rouge plus veau). Selon le panel
de consommation TNS, après avoir diminué de 5% en 2008,
les volumes de viande bovine fraîche achetés par les ménages
sur l’année 2009 ont encore reculé de 1,2%.
Quasi-stabilité des importations
Après une diminution de 4,5% en 2008, les importations française
de viande bovine n’ont que très légèrement
diminué en 2009 (-0,8%). Elles retombent à 403.000 téc
et leur part dans la consommation s’établit à 25%.
L’Allemagne est le principal fournisseur de viande de gros bovins
de la France (26%). Cependant, les achats de viandes fraîches
y ont été en légère diminution pour la deuxième
année consécutive : -3% en 2008 et -2,5% en 2009 (74.000
téc).
Les jeunes bovins se sont bien exportés
Les exportations françaises sont principalement issues de la
production de jeunes bovins. Les exportations en vif de bovins gras
progressent de plus de 40% d’une année sur l’autre
et atteignent ainsi 31 400 téc. L’Italie reste la principale
destination de ces animaux prêts à abattre, avec 36% des
achats totaux. L’augmentation de la demande est venue du Maghreb
et du Moyen Orient. En revanche, en 2009, les abattages de taurillons
ayant reculé de 9%, les exportations de viande ne pouvaient que
se contracter (-4% à 263.000 téc.).
L’Italie reste le premier débouché pour les opérateurs
français de viandes fraîches avec un volume de 88 500 téc
(+1,3% sur 2008). La Grèce voit ses volumes diminuer de 3% à
77.000 téc. Cela représente 34% des exportations totales
de viandes fraîches. Enfin, les envois de viandes fraîches
vers l’Allemagne augmentent légèrement (+1,5%) et
s’établissent à 34 500 téc.
En Europe le déficit se creuse
La chute du prix du lait payé au producteur et les réformes
nombreuses qui en ont découlé, pour réajuster le
cheptel laitier à la baisse après la capitalisation de
2008, ont boosté la production européenne de femelles.
Néanmoins, le recul du cheptel total et deux années consécutives
de baisse des revenus pour les éleveurs spécialisés
viande ont conduit à un nouvel effritement de la production européenne
de viande bovine en 2009.
La reprise très modérée des importations, en raison
d’envois toujours réduits de viandes brésiliennes,
n’a pas comblé le recul des disponibilités. Ainsi,
malgré le net tassement des exportations, la consommation européenne
a légèrement reculé (-0,5%). Elle se replie toutefois
moins vite que la production si bien qu’après une réduction
atypique en 2008, le déficit européen s’est à
nouveau creusé en 2009.
Début de rebond des importations par l’UE
Les importations européennes se sont légèrement
redressées par rapport au très bas niveau de 2008 mais
restent limitées par les faibles envois de viande brésilienne.
Selon nos estimations elles seraient passées de 389.000 téc
en 2008 à 421.000 téc en 2009, soit une hausse de 8% mais
un niveau encore loin du maximum atteint en 2007. Si l’Union Européenne
a trouvé d’autres fournisseurs que le Brésil pour
accroître ses achats de viandes fraîches et congelées,
ses importations de viandes transformées ont en revanche été
freinées.
Les exportations européennes reculent d’un tiers
Alors qu’elles avaient sensiblement progressé en 2008 en
réponse à une demande intérieure déprimée
et à un déficit de viande bovine en Russie et en Suisse,
les exportations européennes devraient reculer d’un tiers
pour tomber à moins de 111.000 téc en 2009. Les ventes
vers la Russie, quasi exclusivement de viandes désossées,
se replieraient de plus de 60%, et ne dépasseraient pas 25.500
téc.
| MAIGRES,
un marché encore convalescent |
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La campagne 2008-2009
a encore subi les conséquences de la FCO, mais les volumes exportés
ont progressé. La campagne 2009-2010 a commencé sous de
bons auspices.
Une reprise
des exportations sur la campagne 2008-2009
Après deux campagnes où les exportations de maigres avaient
baissé, les exportations 2009 totalisent 1.043.000 têtes
exportées, soit 145.000 de plus (+16%) que sur la campagne
2007-2008.
Une demande italienne en hausse
Les achats des engraisseurs italiens ont été rythmés
par les conséquences de la FCO avec les exportations françaises
en Italie qui ont progressé, près de 745.000 animaux maigres.
La France est le principal fournisseur du pays avec 89% des importations
italiennes de maigre.
Reprise de l’engraissement en Espagne
Après une baisse de l’engraissement en Espagne en 2007-2008,
la campagne 2008-2009 a signé le retour de la production. Le
cheptel local, étant en baisse en 2008, le recours aux importations
de maigres a été d’autant plus nécessaire.
Selon les douanes françaises, un peu plus de 121.000 têtes
ont traversé les Pyrénées sur l’ensemble
de la campagne 2008-2009, soit 6% de plus qu’en 2007-2008. Ces
chiffres confortent la place de la France en tant que premier fournisseur
de l’Espagne en ces animaux légers de 160-300 kg.
Des cours des broutards en hausse, à l’exception
des femelles
En moyenne sur la campagne 2008-2009, la cotation moyenne du Charolais
de 400 kg s’établit à 2,26 €/kg soit 6% au-dessus
de 2007-2008 mais 3% en-dessous de 2006-2007. L’évolution
a été différente pour les femelles. Sur la campagne
2008-2009, la cotation moyenne des Charolaises de 270 kg affichait 2,10
€/kg soit 3% sous la campagne 2007-2008 et 10% sous 2006-2007.
| VEAUX DE BOUCHERIE,
le calme après la tempête. |
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Avec la nouvelle
définition du veau de boucherie, animaux de moins de 8 mois, la
production européenne n’est plus que de 625 000 tonnes en
2009. La France redevient le premier producteur avec 250.000 téc
(33%).
Les abattages estimés à 1,5 million de têtes en 2009
(-3%), soit 47.000 têtes de moins qu’en 2008. Le recul de
production a été presque identique en volume (-3,5%), avec
des poids carcasse qui, en moyenne, sont seulement inférieurs de
0,6 kg à ceux de 2008.
En revanche, les achats des ménages n’ont que légèrement
faibli en 2009, ne reculant que de 1% par rapport à 2008, d’après
le panel TNS.
Les exportations de viande de veau néerlandaises se monteraient
à plus de 174.000 téc, l’Italie restant la destination
privilégiée..
| VEAUX DE 8
JOURS, les disponibilités
en baisse tirent les prix. |
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La baisse des
disponibilités, et la demande prudente, mais constante, pour l’engraissement
de veaux de boucherie, a maintenu en 2009 les cours à des niveaux
plus élevés qu’en 2008.
En 2009, la cotation du veau mâle laitier de 45-50 kg n’est
pas descendue en-dessous de 79 euros et a atteint 176 euros au plus haut.
Elle s’établit en moyenne annuelle à 117 euros, soit
12% de plus qu’en 2008 mais 17% de moins qu’en 2007.
Le début de l’année a été marqué
par des naissances de veaux laitiers en hausse par rapport à 2008.
Le rythme des naissances s’est ensuite ralenti, ce qui a permis
de maintenir des cours à des niveaux plus élevés
qu’en 2008, sur les trois derniers trimestres. En moyenne sur l’année,
la cotation des mâles croisés lourds s’établit
à 349 euros, 11% au-dessus de son niveau de 2008 et 9% au-dessus
de celui de 2007.
La France importatrice nette pour la deuxième année
consécutive
Les importations françaises de veaux de moins de 160 kg, veaux
de boucherie compris, ont progressé en 2009 avec plus de 120.000
têtes (+14.000 têtes qu’en 2008). L’Espagne reste
le premier fournisseur, et augmente sa part de marché qui passe
de 38% à 46%. Les importations en provenance des Pays-Bas (deuxième
fournisseur), approche les 40.000 têtes. L’Allemagne passe
au troisième rang, avec seulement 17% des envois. Les exportations
françaises sont estimées stables à environ 70.000
têtes.
En bilan, la France est importatrice nette pour la deuxième année
consécutive. Le déficit devrait atteindre 50.000 têtes,
soit 15.000 de plus que l’année précédente.
- 9 %, c’est
le déficit français de production de viande bovine
finie auquel on peut s’attendre en 2010. La production française
se réduira en effet de 3% sous l’effet du repli des jeunes
bovins (-6%), comme des vaches (-3%), alors que la consommation ne se
réduirait que de 1%. La France comme l’Europe s’éloignent
de leur autosuffisance.
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