GROS BOVINS : forte baisse des cours.

Les cours des jeunes bovins Français et Italiens ont accusé une baisse importante au mois de février alors que les abattages sont élevés en ce début d’année dans l’Hexagone. En Italie, le report d’abattages de décembre à janvier, afin de bénéficier de la nouvelle prime entrant en vigueur le 1er janvier 2010 a été significatif.
Stables en début d’année, les cotations des jeunes bovins ont entamé, comme traditionnellement à cette époque, un mouvement de baisse. Cependant, ce recul est plus prononcé qu’à l’accoutumée.
Forts abattages en ce début d’année
En janvier, les abattages de jeunes bovins ont été élevés avec 76.500 têtes, soit une augmentation de 2% par rapport à l’année passée. Le poids de carcasse moyen est nettement plus élevé qu’en 2009: 386 kg, ce qui représente une augmentation de 6 kg. Les abattages en volume progressent ainsi de 4% d’une année sur l’autre avec 29.500 téc.
Au 1er janvier, le cheptel français faisait état d’un surplus de 16.000 mâles de 18 à 24 mois, alors qu’on enregistrait un déficit de 5.000 têtes pour les mâles âgés de 12 à 18 mois. Les abattages devraient donc se maintenir début 2010, toutefois, le manque de jeunes mâles pourrait pénaliser les volumes les volumes à partir du second trimestre.
Les exportations restent dynamiques
Au mois de décembre 2009, le total des envois français (viandes fraîches, transformées et congelées) s’élève à 25 100 téc, en progression de 6% par rapport à décembre 2008. Le cumul annuel des exportations reste inférieur à l’année passée (-2%) du fait de la chute des ventes de viandes congelées (-24% sur l’année) alors que les envois de viandes fraîches progressent de 2% (232.000 téc).
Les exportations de taurillons prêts à abattre sont restées dynamiques en fin d’année. Le nombre de mâles exportés vivants progresse ainsi de 30% en décembre et atteint 8.800 têtes. Le commerce de taurillons vivants a été nettement plus actif qu’en 2008 : +32% avec 78.300 têtes exportées.
Moins de jeunes bovins produits et consommés dans l’Hexagone
En Italie le cours des jeunes bovins à la bourse de Modène a connu une forte baisse au mois de février. La cotation des mâles charolais et croisés de 670-720 kg est ainsi passée de 2,40 €/kg vif fin janvier à 2,24 € début mars. Cette chute des cours serait principalement causée par une concurrence accrue des viandes d’importation (françaises, polonaises et irlandaises) et par une baisse de la consommation.
Avec 159.000 têtes, ce sont 10% de jeunes bovins de moins qui ont été abattus par rapport à décembre 2008. Cette baisse proviendrait, en partie, de l’entrée en vigueur au 1er janvier 2010 d’une nouvelle prime (environ 45 € /animal abattus entre 12 et 24 mois et ayant passé au moins 7 mois en Italie).
En Allemagne, avec un total de 1,52 million de têtes, les abattages ont reculé de 7% sur l’année. Le poids carcasse moyen a augmenté de 3 kg, à 372 kg, permettant ainsi d’atténuer légèrement le recul des volumes : 565.000 téc au total, soit une diminution de 6%.
Contrairement à la France et à l’Italie, les cours des jeunes bovins outre-Rhin sont orientés à la hausse en ce début d’année. A 3,29 €/kg de carcasse le 15 février, le prix des taurillons classés R a ainsi gagné 6 centimes en un mois.

FEMELLES, vers une sortie de crise ?

Après un mois de janvier marqué par une offre abondante et des prix toujours bas, les cours des vaches françaises se sont redressés. Ils restent au contraire à la traîne en Allemagne : ils y ont même été rattrapés par les prix des vaches britanniques
L’offre est soutenue par les réformes allaitantes
En janvier, les abattages de vaches ont atteint 163 800 têtes, restant ainsi sur les hauts niveaux de début 2009. Ils ont même progressé de 1% en volume à la faveur d’un poids moyen de carcasse supérieur de 2 kg à celui de janvier 2009.
Après les réformes laitières de 2009, les réformes allaitantes devraient rester nombreuses.
Des importations accrues de viandes congelées
Les nombreuses réformes ont permis de limiter les importations en début d’année 2009 (-4%). Même si elles se sont ralenties en décembre, les importations de viande bovine de l’année 2009 ont égalé celles de 2008, à 392.300 téc.
Les cours allemands stagnent à de bas niveaux
Les abattages allemands de vaches ont été ralentis en décembre 2009, ne dépassant pas 155.000 têtes (-8%). Les cours des vaches allemandes s’étaient redressés pendant la période des fêtes avant de reperdre quelques centimes après la mi-janvier. Les prix n’ont pas retrouvé outre-Rhin la tendance haussière constatée ces dernières semaines dans l’Hexagone. La cotation de la vache O termine le mois de février à 2,23 €/kg de carcasse, 4 centimes sous son niveau de fin janvier et 3% sous celui constaté un an plus tôt.
Marchés contrastés outre-Manche
En Irlande, en janvier, les abattages de femelles ont dépassé de 10% leur niveau de 2009 et l’augmentation était respectivement de 7 et 22% pour les bœufs et les jeunes bovins. Même tendance en février, avec une hausse de 13% des abattages de gros bovins dans les établissements agréés à l’exportation par rapport à 2009.
Remontées fin 2009, les cotations de la génisse R3 et du bœuf R3 se sont stabilisées respectivement à 2,91 et 2,84 €/kg de carcasse, affiche un repli supérieur (-8%) mais semble s’orienter à la hausse.
Au Royaume-Uni, les abattages de vaches et de génisses sont restées en retrait en janvier, de respectivement 6 et 8% par rapport à janvier 2009, alors que celle des mâles ont enregistré une nette progression (+3% pour les bœufs et +20% pour les jeunes bovins).
Le nombre de vaches laitières était de nouveau en retrait fin 2009 (-1,4%) alors que pour la première fois depuis le découplage des primes bovines, le cheptel de vaches allaitantes enregistrait une progression de 1%. A 2,76 £/kg carcasse fin février, le prix des bœufs a perdu 6 pences depuis fin 2009 et se situe 3% sous celui de la même date en 2009.

MAIGRES, des animaux légers de plus en plus demandés

Des exportations en baisse en décembre 2009
Après un mois de novembre exceptionnel, les exportations françaises se sont ralenties en décembre. La baisse constatée provient surtout des mâles de plus de 300 kg, qui ont vu leurs envois revenir au niveau de décembre 2007. Sur l’année 2009, la hausse de 8% des envois de broutards est en grande partie due aux femelles de plus de 300 kg (+20% par rapport à 2008) et aux animaux de160-300 kg (+28%). Les exportations ont été équivalentes à celles de 2008, avec 580.000 animaux, à 94% vers l’Italie. L’Espagne signe néanmoins son retour avec une progression de ses achats de 42%, toutes catégories confondues.
Des cours en hausse chez les légers, en baisse chez les lourds
Les conséquences de la FCO sur la fertilité du troupeau allaitant sont toujours sensibles. Les disponibilités de mâles de 10 à 16 mois sont en baisse dans l’Hexagone. Au 1er janvier, les effectifs affichaient -15% en Charolais, -18% en Limousin, en Blonds d’Aquitaine et en croisés.
Les acheteurs italiens se portent de plus en plus vers les animaux légers pesant de 300 à 430 kg. Les animaux lourds, bien qu’en nombre également restreint, deviennent de plus en plus difficiles à placer. L’effet prime n’est pas la seule explication. Le manque de trésorerie d’un certain nombre d’éleveurs pousse aussi à ces ventes d’animaux plus jeunes et plus légers.
Début 2010, les cotations des broutards légers ont progressé. Celle du Charolais R de 350 kg a gagné 17 centimes depuis le début de l’année pour atteindre 2,33 €/kg fin février, soit 8% de plus qu’en 2009 et 13% de plus qu’en 2008. A contrario, les animaux lourds ont vu leurs cours baisser en février : le Charolais R de 450 kg a perdu 7 centimes pour terminer les mois à 2,13 €/kg.

VEAUX DE BOUCHERIE, légère hausse des cours.

Une demande en progression et des coûts de revient en hausse font monter les cours.
Avec près de 126.000 têtes pour un poids total de 16.500 tonnes, les abattages du mois de janvier 2010 ont été quasiment identiques à ceux de janvier 2009. Les poids des carcasses restent sur la dynamique baissière de la fin de l’année dernière et rendent compte de sorties anticipées pour satisfaire la demande non prévue de ce début d’année. La hausse imprévue des achats a également profité aux exportateurs néerlandais qui ont expédiés en France, sur les deux premiers mois de l’année, 8% de viande de veau de plus que l’année dernière, selon l’indicateur PVE.
Au final, les cours des veaux de boucherie ont progressé depuis le début de l’année. La cotation du veau rosé clair O élevé en atelier a ainsi gagné 12 centimes en janvier pour se stabiliser jusqu’à fin février à 5,45 €/kg, un niveau supérieur de 7% à celui de 2009 mais toujours inférieur à celui de 2008 (-11%).
La hausse du prix des petits veaux ainsi que le renchérissement des intrants depuis quelques semaines (poudre de lait et de lactosérum) participeraient également à la progression des cours.
Les prix des veaux de boucherie ont subi des évolutions diverses chez nos voisins européens. Aux Pays-Bas, le cours du veau pie-noir se situait mi-février 7% au-dessus de son cours de 2009, à 4,55 €/kg carcasse. En Italie, le cours du veau a perdu 24 centimes pour atteindre 6,66 €/kg carcasse, un niveau cependant toujours supérieur de 5% à son cours de 2009.

VEAUX DE 8 JOURS,

Les cours des petits veaux destinés à l’engraissement n’ont cessé de progresser depuis le début de l’année. La cotation du veau laitier mâle de 45-50 kg termine le mois de février à 138 €, soit 41 € de plus qu’en début d’année (baisse des naissances et demande stable).
Le cours des femelles de 45-50 kg a également progressé mais s’est stabilisé début février à 70 €.

LE CHIFFRE DU MOIS

-2,5 %, c’est la baisse du cheptel européen de vaches laitières en 2009, d’après les inventaires nationaux de novembre. En 2007 et 2008, avec la hausse des droits à produire et l’euphorie des marchés des produits laitiers, il avait été stabilisé aux alentours de 24,2 millions de têtes. Le voici ramené à 23,7 millions de têtes, malgré la nouvelle hausse de 1% des quotas nationaux sur la campagne qui s’achève.