JEUNES BOVINS : cours sous pression.

Les cours des jeunes bovins Français et Italiens ont accusé une baisse importante au mois de février alors que les abattages sont élevés en ce début d’année dans l’Hexagone. En Italie, le report d’abattages de décembre à janvier, afin de bénéficier de la nouvelle prime entrant en vigueur le 1er janvier 2010 a été significatif..
En baisse régulière en février, les cours des jeunes bovins se sont légèrement repris en mars..
Moins de jeunes bovins de race dans les mois à venir
Après une reprise en janvier, les abattages de taurillons ont de nouveau fléchi en février. Les abattages de mâles non castrés de plus d’un an n’ont pas dépassé 79.500 têtes
(-3.000 / janvier et -2.000 / février 2009). Bien qu’en recul par rapport à fin 2009, le poids moyen de carcasse, à 390 kg, est resté assez nettement supérieur (+2,5%) au très faible niveau de début 2009. Malgré des disponibilités en taurillons supérieures à l’an passé en tout début d’année, la France semble avoir rencontré des difficultés à exporter. En janvier, les expéditions de gros bovins mâles sont à -8% par rapport à janvier 2009. Principal client, l’Italie a réduit ses achats de 17% et le dynamisme des envois vers l’Algérie (1.800 têtes, +67%) n’a pas suffi à compenser ce retrait. Les exportations de viandes réfrigérées et congelées ont été encore plus laborieuses avec -11%.
Un marché italien bien morose
En Italie, les abattages de taurillons ont été modestes en janvier : -4% d’effectif et -2% en volume. L’essentiel de ce recul a été compensé par une production plus élevée de génisses (56.000 têtes, +2%). Depuis plusieurs mois déjà, face aux difficultés économiques des ménages et craignant une baisse des volumes consommés, les distributeurs jouent la carte des prix bas avec des viandes importées. Le dynamisme des importations de viande bon marché, en particulier de Pologne et d’Irlande, accroît la pression sur les prix de la viande italienne. Les prix à la production ont connu une baisse saisonnière particulièrement marquée jusqu’à début mars.
Baisse des cours en Allemagne
En janvier, les abattages allemands de taurillons ont été particulièrement peu nombreux avec 113.000 têtes soit 10% de moins qu’un an plus tôt. Les cours des taurillons allemands qui s’étaient maintenus et même légèrement appréciés jusqu’à la mi-février sont depuis lors orientés à la baisse. La cotation des taurillons R a perdu 11 centimes en un mois et s’établissait fin mars à 3,12 €/kg de carcasse, 7% sous son niveau de 2009 et 2% sous celui de 2008.

FEMELLES, un peu moins de vaches laitières

La raréfaction des vaches laitières permet aux prix de gagner quelques centimes sur le Continent. La très mauvaise situation économique des éleveurs irlandais les incite à décapitaliser. Le marché se tient mieux au Royaume-Uni grâce à une Livre toujours faible.
Les cours des vaches françaises ont gagné quelques centimes depuis janvier grâce au ralentissement des réformes laitières. Ils semblent néanmoins marquer un palier fin mars pour toutes les conformations.
Abattages en baisse mais des poids de carcasse en hausse
Les abattages de femelles ont totalisés 181.800 têtes au mois de février (-2%/2009). L’augmentation du poids moyen des carcasses de 2 kg à 355 kg, en raison d’un ratio laitier/allaitant qui tend à diminuer, compense la baisse des effectifs. Au premier février, le stock de femelles laitières de plus de 24 mois enregistré en BDNI était inférieur de 74.000 têtes au niveau de l’an passé. Du côté allaitant, c’est un surplus de près de 23.000 femelles de plus de 36 mois qui est enregistré d’une année sur l’autre. Les réformes pourraient donc être nombreuses en races à viande dans les prochains mois, surtout si un mouvement de décapitalisation s’amorce.
Baisse des importations en janvier
Les importations françaises de viande bovine ont chuté de 7% en janvier en un an à 30.700 téc. Les achats de viande allemande ont chuté de 7% à 7.900 téc, alors que ceux de viande irlandaise progressaient de 9% à 4.600 téc en raison de la hausse des disponibilités dans le pays. La consommation est stable avec des consommateurs qui se tournent vers les produits les moins coûteux. En cumul sur deux mois, les achats des ménages de viande bovine non élaborée auraient reculé de 2%, les achats de viande hachée fraîche auraient été stables, et ceux de viande hachée surgelée auraient progressé de 8%.
Des prix bas chez nos voisins
En Allemagne, les prix se redressent mais restent bas. Pourtant, les disponibilités ont fortement reculé. Après une baisse de 1 % des abattages de vaches en 2009, le recul a été de 8% en janvier.
En Irlande, une situation économique déplorable conduit à la décapitalisation. Les abattages de gros bovins sur les deux premiers mois de l’année ont totalisé 267.000 têtes
(+12% / 2009). 50.000 vaches ont été abattues (+16%) ainsi que 89.000 génisses (+12%), 91.000 bœufs (+7%) et 36.000 taurillons (+22%). Ces abattages contribuent à faire pression sur les cours. En ce début de printemps, il semblerait que l’offre commence à se restreindre, laissant espérer une remontée des cours.
Les éleveurs britanniques confortés par une monnaie toujours faible
Malgré une tendance baissière depuis janvier, les prix payés en livres Sterling restent hauts : les prix des bœufs et des génisses, en recul de 2% par rapport à 2009 restent 11% au-dessus de leurs niveaux de 2008.
Les importations britanniques de viande bovine ont enregistré une hausse de 12% en janvier, en raison de la forte hausse de production en Irlande, principal fournisseur du Royaume-Uni.

MAIGRES, des disponibilités toujours faibles

Une offre réduite limite les exportations au sein de l’UE
Les exportations de broutards en janvier ont été en fort recul : -14% par rapport à 2009, avec seulement 88.000 têtes. Les expéditions de mâles de plus de 300 kg et les animaux de
160-300 kg sont en baisse, -18% et -16% respectivement. A l’inverse, les expéditions de femelles sont en hausse de 7%, surtout vers l’Italie. La faiblesse des disponibilités devrait se poursuivre encore quelques semaines mais prendra fin avec l’arrivée des animaux nés à partir de juin 2009. Les animaux légers sont toujours très demandés par les Italiens, ce sui, conjugué à l’offre réduite, maintient les cours à des niveaux élevés. Les animaux lourds ont toujours du mal à se vendre.
Des exportations vers l’Algérie qui se tarissent
D’après les données des douanes françaises, les exportations sont, depuis 2008, en forte progression et se concentrent sur les bovins vivants de plus de 300 kg destinés à la boucherie (2.000 animaux en 2008 et 6.000 en 2009). Une partie des bovins classés dans la catégorie destinés à la boucherie (poids moyen de 425 kg), serait en réalité engraissée pendant plusieurs mois avant d’être abattue.
Les expéditions françaises, et peut-être d’autres pays européens, des trois premiers mois de 2010, semblent avoir déjà épuisé la quasi-totalité du volume à droits nuls pour l’année entière. Ces importations conséquentes, sont effectuées en prévision du ramdam qui aura lieu aux mois d’août et de septembre.

VEAUX DE BOUCHERIE, un début d’année encourageant.

Sur la période du 27 décembre au 21 février, le panel Kantar (ancien TNS) montre des achats de viande veau par les ménages en hausse de 3%. Cette période, traditionnellement peu favorable à la consommation de veau, a bénéficié du "Festival du veau" qui s’est étalé, cette année, du 15 février au 15 mars. Cette opération promotionnelle (mise en avant de la viande de veau + prix indicatifs), permet de doper la demande des consommateurs et de développer la fréquence d’achat. Il faut souligner que l’effort sur les prix au détail est constant depuis un an (2,6 % en moyenne par rapport aux 12 mois précédents).
Cette conjonction d’une hausse des coûts de production, d’une stabilité du prix du veau de boucherie et d’une baisse des prix au détail, semble indiquer une compression des marges en amont de la filière : cet effort serait le prix à payer pour des prix au détail plus stable et une consommation retrouvée.

VEAUX DE 8 JOURS, poursuite de la hausse des cours

Les naissances de veaux laitiers du mois de février 2010 sont en légère hausse : +6%, soit 11.000 naissances supplémentaires. La demande des intégrateurs semble avoir légèrement augmentée en mars, mais reste continue par l’anticipation de la faible consommation estivale. Malgré cette offre en hausse et une demande relativement stable, le prix du veau laitier de
45-50 kg a progressé de 11 euros au cours du mois de mars pour atteindre 151 €
(+17 %/2009).