JEUNES BOVINS : une amélioration en perspective ?

Les cours des taurillons semblent se stabiliser chez les principaux producteurs. Les génisses sont nombreuses dans les abattoirs européens et les cours peinent à se rétablir.
Les cours des jeunes bovins ont continué à baisser en mai, restant en dessous des niveaux de 2008 et 2009, sans toutefois connaître l’effondrement de 2007.

Une baisse des sorties de taurillons est à prévoir
En avril, les abattages de taureaux et de taurillons se sont ralentis par rapport à ceux de mars mais, avec 82.300 têtes, ils restent supérieurs à ceux d’avril 2009 (+2%).
En cumul sur 4 mois, malgré une progression d’à peine 1% des effectifs abattus, les tonnages ont enregistrés une progression de plus de 3%.
Les disponibilités devraient toutefois s’amenuiser, suite au recul des naissances allaitantes début 2009 et à une certaine reprise des exportations de broutards.
En Italie, les abattages de taurillons ont été peu nombreux sur le premier trimestre. Seuls 145.000 ont pris le chemin des abattoirs en mars (-9% par rapport à 2009) et sur 3 mois, l’effectif abattu affiche un recul de 6%. Le repli est moindre en volume (-3%) grâce à une forte hausse des poids de carcasse encouragée par la nette baisse des prix des céréales et la volonté d’amortir les achats de broutards à prix élevés en 2009.
En Allemagne, les cours des jeunes bovins se sont également stabilisés fin mai après trois mois de baisse ininterrompue. Atteignant 374.000 têtes au premier trimestre, les abattages de taurillons ont été à peine supérieurs aux bas niveaux de 2009 (+1%).

 

FEMELLES, réformes laitières ralenties

Le marché des produits laitiers reprend de la vigueur et les vaches laitières sont donc moins disponibles pour l’abattage en Europe. Dans l’ensemble, le marché reste fluide.

Malgré quelques réformes accélérées ici ou là en raison d’un printemps défavorable à la pousse de l’herbe, les disponibilités en vaches laitières demeurent limitées.

Moins de vaches laitières mais plus de races à viande
Les abattages de femelles ont progressé de 1% en avril, en têtes comme en tonnage. C’est le résultat d’une stagnation des abattages de vaches, pour lesquelles la part des laitières tend à diminuer, et d’une progression de 5% des abattages de génisses, principalement de races à viande.
Selon le panel Kantar, les achats des ménages sur la cinquième période de l’année (de mi-avril à mi-mai) auraient reculé de 6% pour la viande bovine piécée, avec un prix moyen d’achat en hausse de 1%. Les achats de viande hachée fraîche auraient reculés de 3% avec des prix au détail en hausse de 3%. A l’inverse, ceux de viande hachée surgelée auraient progressé de 6% grâce à des prix en baisse de 4%.
En Allemagne les abattages de vaches ont reculé de 4% à 125 000 têtes et la tendance s’est poursuivie en avril et mai. Malgré la baisse de l’offre, les cours restent bas.
En Irlande, les abattages ont totalisé 140.000 têtes, dont 54.000 bœufs (+3%), 45.000 génisses (+13%), 25.000 vaches (+17%) et 16.000 taurillons (+16%).
En lien avec l’affaiblissement de l’euro, les prix irlandais ont enregistré des hausses malgré les abattages toujours très dynamiques.
Au Royaume-Uni, en avril dernier, 245.000 gros bovins ont été abattus, soit 7% de plus qu’en avril 2009. Le faible coût de l’alimentation a en outre permis une forte augmentation des poids de carcasse, d’ou une hausse des tonnages qui atteint 10%.
Les cours de bœufs et des génisses, se situent fin mai 5% sous leur niveau de l’an passé. Ceux des taurillons, dont la production a fortement augmenté, sont à 9% sous leur cours de 2009. Le même différentiel est constaté pour les vaches.

MAIGRES, un marché sous pression

La baisse des prix du jeune bovin continue de peser sur les cours des broutards.
Des exportations enhausse en mars
En mars, les exportations françaises de broutards se chiffrent à près de 920000 broutards, soit 10% de plus qu’en mars 2009. Ces chiffres permettent d’afficher un premier trimestre relativement dynamique, les envois n’étant plus en recul que de 2% comparativement au premier trimestre 2009. Cette petite baisse est surtout due au décrochage des exportations de mâles de plus de 300 kg (-6%/2009). A l’opposé, la progression des expéditions de femelles de plus de 300 kg se confirme (+9%), et la destination italienne (+20%) progresse au détriment de l’Espagne (-33%).
Poursuite de la hausse des naissances
En avril, les naissances ont continué sur la lancée du mois de mars : elles enregistrent un surplus de 64.000 animaux nés viables. Depuis le début de l’année, ce sont 127.000 naissances supplémentaires qui ont été enregistrées.

VEAUX DE BOUCHERIE, des cours en baisse

Le repli de la demande fait reculer les prix des veaux de boucherie.
Malgré la fin des promotions dans le cadre du Festival du veau mi-mars, les ménages ont consommé de la viande de veau de manière relativement soutenue jusqu’au milieu du mois d’avril.
Face à une demande en baisse depuis fin avril, l’offre était également en recul. Si la baisse de consommation avait été anticipée, son ampleur avait dû être sous-estimée car les abattages du mois d’avril n’ont été en recul que de 4,3% en têtes et 3,5% en volume par rapport à l’année dernière. L’offre excédentaire a conduit une baisse des cours du veau de boucherie : la cotation du veau rosé clair O a perdu 21 centimes en un mois pour terminer le mois de mai à 5,25€/kg de carcasse. Ce cours reste cependant supérieur de 4% et 11% à ceux de 2009 et de 2008. La baisse semble néanmoins avoir été stoppée, fin mai, par les actions du veau de la Pentecôte.

VEAUX DE 8 JOURS, forte baisse des prix

Les lourdeurs du marché du veau de boucherie, conjuguées à la hausse des prix de l’alimentation font pression sur les cours des petits veaux.
Les cours des veaux de 8 jours ont fortement baissé au cours du mois de mai. La cotation du veau laitier de 45-50kg a ainsi perdu 14 euros pour se stabiliser à 135 euros fin mai. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce repli: la baisse du cours du veau de boucherie amène les intégrateurs à faire pression sur les prix des petits veaux, d’autant que les cours de la poudre de lait et du lactosérum repartent à la hausse. L’offre est également abondante sur le marché face à une demande similaire à celle de l’année dernière. Enfin, les importations des petits veaux d’Espagne et d’Allemagne, à des prix moins élevés que les veaux français, contribuent également au recul des cours.