JEUNES BOVINS : un peu d’air pour les prix

Le marché européen est toujours laborieux. Néanmoins, la réduction de l’offre de jeunes bovins dans tous les grands pays producteurs devrait permettre aux prix de remonter prochainement.

Les cours ne pouvaient pas tomber plus bas. C’est une des raisons pour lesquelles la grève des cotations a été largement suivie dans les grandes régions d’élevage françaises. Sur le terrain, les prix semblent s’être laborieusement stabilisés. Après trois semaines d’arrêt, la cotation Pays de la Loire a repris fin juin, indiquant des hausses de tarifs par rapport au mois précédent de 2 centimes/kg de carcasse pour le JB U, de 4 centimes pour le JB R et de 6 centimes pour le JB O.
Baisse attendue des abattages en têtes
Les abattages de taureaux et taurillons ont montré en mai une inversion de tendance avec 89.000 têtes, soit 2% de moins qu’en mai 2009. Néanmoins, la forte hausse des poids de carcasse fait que les tonnages sont restés en hausse de 1%. Les abattages devraient poursuivre leur baisse au second semestre.
Retour des exports en vif vers le Liban
De janvier à avril, 5.300 jeunes bovins gras ont été envoyés vers le Liban (+3% par rapport à 2009). La baisse de l’euro, la hausse des coûts de transport et la hausse du prix de viande au Brésil rendent en effet le taurillon français à nouveau compétitif par rapport au brésilien.
Vers l’Italie, les exportations françaises de mâles gras ont reculé de 1% à 12.600 têtes sur les 4 premiers mois de l’année. Le marché italien n’est pas le meilleur pour la viande française qui souffre de la concurrence des viandes de l’est de l’Europe. Les exportations françaises de viande fraîche vers l’Italie ont chuté de 10% en avril.
Les prix se stabilisent en Italie
En Italie, voilà 4 semaines que les cours se sont stabilisés très bas à la bourse de Modène. Le taurillon charolais de 670 à 720kg de première catégorie cotait 2,01 €/kg vif début juillet. La stabilisation des cours n’a été permise que par la forte chute des disponibilités. Déjà en avril, les abattages de taurillons enregistraient un recul de 13% à 98.000 têtes, qui n’était compensé qu’en partie par la hausse des abattages de génisses (+9% à 52.000 têtes). Au premier trimestre, les douanes italiennes ont enregistré une baisse de 4% des importations de viande bovine.
En Allemagne, les prix se resserrent
Après un rebond en juin en raison d’une offre insuffisante, les prix des jeunes bovins allemands ont rechuté en fin de mois avec l’écroulement de la demande interne. Le cours du JB R3 allemand, à 2,94 €/kg de carcasse fin juin était encore supérieur de 1% à son niveau de 2009. En avril, les abattages de taurillons étaient toujours en hausse de 2% par rapport à l’an dernier. L’offre allemande devrait rester faible dans les prochains mois, ce qui participera à relâcher la pression sur les prix en Europe.

FEMELLES, marché contrasté

De l’abondance outre-Manche à la rareté outre-Rhin en passant par la fermeté en France, l’offre de femelles est contrastée d’un pays européen à l’autre. Les disponibilités chez les principaux producteurs devraient cependant être partout réduites au second semestre.

Le printemps froid puis sec ayant pénalisé le rendement des prairies et les stocks de maïs touchant à leur fin, les éleveurs laitiers ont anticipé les sorties d’animaux d’engraissement. Les éleveurs allaitants ont quant à eux accéléré les sorties des vaches de réforme. Les abattages de femelles sont ainsi restés élevés, 178.000 têtes en mai, soit le même niveau qu’en 2009 et 7% de plus qu’en 2008. Les abattages de bœufs ont dépassés les 21.000 têtes en mai soit 13% de plus que l’an dernier.
Les importations françaises de viande bovine ont de nouveau progressé de 6% en avril, principalement en provenance d’Irlande (14.300 téc en réfrigéré et 4.800 téc en congelé). Les achats en provenance d’Allemagne sont stables (23.000 téc en réfrigéré et 6 800 téc en congelé).
Chez nos voisins
En Allemagne, avec une offre rare, les cours des vaches se sont orientés à la hausse en juin, passant au dessus de leur niveau de 2009.La cotation de la vache O a gagné 7 centimes pour s’établir à 2,39 €/kg carcasse fin juin. L’écart avec la France reste important mais se réduit.
En Irlande, l’offre de gros bovins était toujours abondante en mai. Ces fortes disponibilités se traduisent par une hausse des exportations. Les cours des bovins irlandais jusqu’alors bien orientés malgré l’offre abondante semblent se tasser. Les cotations des bœufs et des génisses R3 stagnent depuis quelques semaines à respectivement 3,01 et 3,08 €/kg de carcasse. La cotation de la vache O s’est orientée à la baisse, à 2,53 €/kg de carcasse.

MAIGRES, ni volume, ni prix

Depuis janvier, les chiffres montrent une stabilité des exportations françaises, avec des évolutions différentes selon les catégories : stabilité pour les 160-300kg, hausse pour les femelles de plus de 300kg (+8%) et baisse pour les mâles (-2%).
Des prix en baisse malgré des volumes limités
Les jeunes bovins de race Charolaise et Limousine sont les plus touchés par la descente en gamme de la demande italienne. Leurs prix élevés, comparés à d’autres types d’animaux, les pénalisent en ces temps de crise et les répercussions se font sentir sur les animaux maigres.
L’offre en Charolais n’est pas abondante en juin et trouve assez facilement preneur. Les animaux de 450-500kg, des broutards alourdis bien conformés, restent toujours appréciés des acheteurs transalpins qui profitent de leur cours bas.
Pression des acheteurs italiens sur les prix et manque de débouchés en France ont pour conséquence une baisse des prix des animaux plus légers: la moyenne des Charolais U et R de 350kg perd 6 centimes à 2,27€/kg, un cours inférieur de 7% à celui de 2009.
En Italie comme en France, les acheteurs semblent, dans leur majorité, attendre la baisse des cours qui se profile pour cet été. L’arrivée des animaux mâles nés à l’automne dernier devrait se concrétiser) partir du mois d’août. Les naissances des veaux de races allaitantes au mois de mai sont en hausse de 7% par rapport à l’année dernière perturbée par la FCO.

VEAUX DE BOUCHERIE, léger effritement des cours

Après une stabilisation fin mai grâce à un rebond de la consommation, les cours s’érodent.
En mai même si les abattages ont été en baisse de 2% en têtes par rapport à 2009, le volume produit a été quasi-équivalent (17.200 téc). L’augmentation des poids de carcasse (+2kg à 137kg/veau) s’explique par la baisse de consommation début mai qui a retardé les sorties jusqu’à la Pentecôte.
Après une période mi-avril mi-mai morose pour les achats des ménages, les opérations du veau de la Pentecôte, la baisse des prix au détail et une météo clémente ont permis de redynamiser la consommation (+6%/2009 de mi-mai à mi-juin).
La consommation dynamique a permis de stopper la baisse des cours connue début mai. Entre le 15 mai et le 15 juin, le cours du veau rosé clair O est resté stable à 5,24€/kg de carcasse. La fin du mois de juin, avec la fermeture des cantines scolaires, a dû voir la consommation de veau diminuer.
Le cours du veau s’en est ressenti et termine le semestre à 5,21€/kg de carcasse (+4%/2009 et de +15%/2008).

VEAUX DE 8 JOURS, petite hausse des cours

Malgré une hausse des naissances, le prix du veau de 8 jours a progressé avant la baisse saisonnière.
Après une baisse au cours du mois de mai, la cotation du petit veau laitier Holstein de 45-50kg est légèrement remontée en juin : +7€ pour afficher 142€/tête à la fin du mois (-19% comparé à 2009 et -10% à 2008). Cette hausse s’inscrit alors que les naissances de veaux laitiers au moi de mai sont en progression : +11.000 têtes par rapport à 2009.
Mais cette progression ne devrait pas durer. La saison des vêlages va bientôt battre son plein et amener sur le marché de nombreux veaux de 8 jours, ce qui devrait conduire les cours à des niveaux encore plus bas que ceux d’aujourd’hui.

LE CHIFFRE DU MOIS

-2% c’est la baisse d’un an sur l’autre des abattages français de taurillons en mai: 82.500 ont été abattus, 2.000 de moins qu’en 2009. Ce chiffre marque le début de l’inversion de tendance attendue, à un moment où le marché a du mal à absorber la production. D’après le stock d’animaux présents en BDNI, la baisse de l’offre devrait se prolonger au second semestre.